"Moi, le seul message que je veux véhiculer, c’est l’amour" : Prince Gouano victime d'insultes racistes lors du match Dijon-Amiens

Football
FOOTBAL - Le match de Ligue 1 entre Dijon et Amiens, vendredi 12 avril, a été interrompu plusieurs minutes en raison de cris racistes visant le capitaine amiénois Prince Gouano. Qui a ensuite invité leur auteur à "voir au-delà de la couleur".

Est-ce la fameuse goutte d’eau qui aura fait déborder le vase ? Force est en tout cas de constater qu'à la suite d’incidents du même type ces derniers temps, en Italie pendant le match Cagliari-Juventus début avril avec des cris de singe visant Blaise Matuidi et Moïse Kean, ou à Prague, jeudi 11 avril avec un chant des supporters de Chelsea qualifiant l’attaquant égyptien de Liverpool Mohamed Salah de "poseur de bombes", a, cette fois, provoqué une réaction.

C'est fini on ne joue plus, je ramène mes coéquipiers, on rentre au vestiaire.Prince Gouano pendant le match

L’incident, cette fois, a eu lieu en France, lors d’un match entre Dijon et Amiens, comptant pour la 32e journée de Ligue 1. Il ne restait qu’une dizaine de minutes à jouer quand des cris racistes venant des tribunes ont été entendus. C’est alors que le capitaine amiénois Prince-Désir Gouano, vraisemblablement la cible de ces insultes, a mené la révolte.

"On ne joue plus", a-t-on pu lire sur ses lèvres tandis qu’il s’adressait à ses coéquipiers, et ses adversaires, réunis autour de lui, provoquant l’arrêt de la rencontre. Le défenseur a ensuite entrepris de quitter le terrain, lançant en direction de son banc de touche : "C'est fini on ne joue plus, je ramène mes coéquipiers, on rentre au vestiaire."

Je n'en veux pas à ce supporter. Il reste humain. L’erreur est humaine.Prince Gouano après le match

Ont suivi près de cinq minutes de flottement, durant lesquelles les deux entraîneurs, Antoine Kombouaré et Christophe Pélissier, ont discuté avec l'arbitre du match, Karim Abed. Lequel a ensuite demandé au speaker du stade : "Faites bien passer le message : si ça se reproduit, on arrête." Enfin, avant que le jeu ne reprenne, Prince-Désir Gouano s’est présenté devant les ultras dijonnais et les a applaudis, comme pour leur indiquer qu’il ne les mettait pas tous dans le même sac.

"Dès mercredi, la Commission de discipline se saisira du dossier. Dès ce (vendredi) soir, le club de Dijon a identifié l’auteur des insultes racistes qui a ensuite été interpellé. Dans le cadre de sa convention avec la Licra, la LFP va étudier les suites judiciaires à donner à ce dossier", a, pour sa part, précisé la Ligue de football professionnel (LFP), par voie de communiqué. Le Dijon FCO a, lui, annoncé son intention de déposer plainte contre le fauteur de troubles. Quant à la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, elle a fait part de son indignation sur Twitter.

"Nous sommes au 21e siècle et ce qu’il s’est passé, je pense que c’est inadmissible, a réagi le capitaine amiénois au micro de beIN Sports après le coup de sifflet final. J’ai marqué le coup en demandant d’arrêter le jeu. Parce que je pense que, de nos jours, nous sommes tous égaux. OK, certes, il y a des couleurs, mais il faut voir au-delà de tout ça. Nous sommes tous des êtres humains. Le mot d’ordre, pour moi, c’est l’amour, il faut aimer son prochain. Chose qui n’a pas été faite mais bon... Je ne lui en veux pas. Il reste humain. L’erreur est humaine. Mais j’espère qu’il verra le moment où je suis allé voir les supporters pour les applaudir, pour que lui, demain, il transmette à ses enfants que tout ça, ça ne sert à rien. Moi, le seul message que je veux véhiculer, c’est l’amour, c’est tout." Et c'est déjà pas mal.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter