Le coup de pied de Patrice Evra raconté et expliqué par des témoins

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COULISSES – Patrice Evra a peut-être acté la fin de sa carrière dans le football, jeudi 2 novembre au soir, en donnant un coup de pied à un supporter de l’OM quelques minutes avant le match de Ligue Europa contre Guimaraes. Retour sur les circonstances qui ont conduit à cet incident.

"J’ai choisi l’OM car beaucoup de personnes m’ont dit de ne pas venir, à cause de l’ambiance chaude, des gens qui oublient vite. Mais moi, j’aime où il y a la merde. Je suis comme ça, on ne me changera pas, j’ai besoin de ça." C’est peu dire que Patrice Evra, qui s’exprimait ainsi dans les colonnes de La Provence le 6 septembre, a été servi. Son passage à l’OM, débuté il y a un peu moins d’un an, risque en effet de s’achever dans un parfum de scandale, après le coup de pied qu’il a asséné à un supporter qui l’a insulté ce jeudi soir, avant le match de Ligue Europa à Guimaraes (perdu 1-0). Que s’est-il passé exactement ?


Tout commence durant l’échauffement, à une grosse demi-heure du coup d’envoi. "On a commencé à chauffer Patrice Evra parce que ça fait plusieurs matchs qu’il n’est pas bon. Pardonnez-moi l'expression mais il ne sait pas aligner ses guiboles. On l’a chauffé comme on le fait avec Bouna Sarr", raconte William, supporter marseillais ayant effectué le déplacement au Portugal, au micro de RMC. "Au début de l'échauffement, il n'y avait pas de filet et il envoyait des ballons en tribunes. Il n’arrivait pas à viser le but... Ce n'est pourtant pas compliqué pour un joueur professionnel. Il ne s’excusait pas. On l’a un peu chauffé. Je ne dirai pas les mots car c'est un peu vulgaire..."

Patrice Evra s’est mis à insulter les mamans des supporters.William, présent dans les tribunes au moment des faits

Mathieu Grégoire, l’envoyé spécial de L’Équipe, ne retranscrit pas non plus, dans son récit, les insultes lancées au joueur, se contentant de reprendre les cris les moins injurieux : "Dégage de l’OM, t’es nul !", "Retourne à des vidéos"... Le journaliste constate qu’au départ, Patrice Evra prend la chose à la rigolade et envoie des baisers aux supporters en question. Mais il finit par se lasser et s’approche du parcage visiteurs. "Qui c’est qui parle ?", demande-t-il, provoquant un moment de flottement silencieux dans les travées. Et puis les insultes reprennent, et l’arrière gauche se met à tirer des ballons dans leur direction.


"Il s’est mis à insulter les mamans des supporters. Alors forcément, nous, les supporters marseillais, on est un peu chauds. Ça n’excuse pas le comportement du supporter mais ça excuse encore moins le geste de Patrice Evra de lui mettre un coup de pied dans la tête", reprend William. Dans les faits, après les ballons envoyés, plusieurs supporters sautent la barrière en plexiglas pour s’approcher de lui, qui s’avance aussi vers eux en demandant : "Tu veux quoi ? Tu veux quoi ?" Les stadiers marseillais et les autres joueurs interviennent, Patrice Evra s’éloigne... Mais, entendant une nouvelle insulte, il revient à la charge et donne le désormais fameux coup de pied, qui lui vaudra d'être expulsé avant le coup d'envoi.

"Je n’ai rien vu, quand je suis arrivé c’était presque terminé, a consenti à réagir son entraîneur, Rudi Garcia, après coup. Quand on est un joueur expérimenté comme Pat’, on ne peut se permettre de répondre aux insultes. Une telle réaction n’est pas admissible, il doit tenir ses nerfs. On avait la chance d’avoir le soutien de 500 supporters. Au milieu, il y avait un pseudo-supporter qui l’a insulté et ce n’est pas acceptable non plus."


Après le match, les joueurs de l’OM ont reçu consigne de ne pas commenter l’incident. "C‘est un coéquipier, c’est embêtant", s’est contenté de dire Hiroki Sakai, pantois et sidéré, à proximité au moment du coup de pied sur les images. Patrice Evra, lui, a fui les journalistes, comme il le fait souvent. Quelques minutes auparavant, durant la rencontre, on a pu le voir tout sourire en tribunes prenant la pose avec deux enfants venus lui demander une photo. Juste à droite, son partenaire Lucas Ocampos n’ose regarder la scène et baisse les yeux, ostensiblement gêné.

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