Vladimir Poutine étend le conflit entre la Russie et la Turquie jusqu'au football

Vladimir Poutine étend le conflit entre la Russie et la Turquie jusqu'au football

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DIPLOMATIE - En réponse à la destruction d'un avion russe par deux chasseurs turcs à la frontière turco-syrienne, la Russie a adopté une batterie de mesures pour boycotter la Turquie. Le football est également concerné.

En football, la Russie et la Turquie (comme Israël) font partie de l'Union européenne, sans que cela n'émeuve grand-monde. C'est la spécificité du sport-roi, suffisamment puissant pour vivre selon ses propres lois. Toutefois, les politiques nationales ont encore leur mot à dire, comme vient de le rappeler avec vigueur Vladimir Poutine. Samedi, le président russe, échaudé par la destruction d'un avion russe par deux chasseurs turcs à la frontière turco-syrienne, a non seulement signé un décret adoptant une série de mesures de rétorsions économiques à l'encontre de la Turquie. Mais il a également engagé le Championnat de foot dans ce boycott.

"Je pense que si un club russe veut faire signer un joueur turc lors du prochain mercato, il n'en aura pas la possibilité", a ainsi affirmé dimanche soir le ministre des Sports russe, Vitaly Mutko, à l'agence R-Sport, en précisant tout de même que "ceux qui sont déjà sous contrat pourront rester travailler". Une grande première qui ne s'arrête pas là : "Les entreprises turques impliquées dans les constructions de stades pour la Coupe du monde 2018 pourront poursuivre le travail commencé, mais elles ne seront plus là à l'avenir", a pris soin d'ajouter celui qui occupe, par ailleurs, la fonction de président de la Fédération de football russe.

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Selon le site Russian Football News, c'est le président Poutine qui se trouve directement à l'origine de ces nouvelles lois. Il faut aussi savoir que, durant la longue trêve hivernale qui coupe en deux le calendrier du Championnat de Russie, la plupart des clubs s'en vont traditionnellement s'entraîner... en Turquie. Où, pour des coûts bien moindres qu'en Espagne ou dans les pays du Golfe, ils bénéficient d'excellentes infrastructure et d'adversaires de qualité pour leurs matchs amicaux. Mais, là encore, c'est déjà de l'histoire ancienne.

La présidente du Lokomotiv Moscou se rebelle

"Nous recommandons aux clubs russes de ne plus aller s'entraîner en Turquie en raison du contexte politique", a en effet tweeté Igor Lebedev , membre du comité exécutif de la Fédération russe. Une consigne d'ores et déjà suivie par le FC Rostov, dont le vice-président, Aleksandr Shikunov, a confié à l'agence de presse TASS : "Nous avions planifié un camp d'entraînement en Turquie en janvier mais nous avons changé d'avis au vu des récents évènements." Au contraire du Lokomotiv Moscou, dont la présidente, Olga Smorodskaya, a dit à R-Sport qu'une annulation du séjour prévu entraînerait de trop lourdes dépenses pour son club. Lequel pourrait être sanctionné par le Kremlin, pour l'exemple.

Enfin, notons que le conflit a largement dépassé les frontières de ces deux pays. Le club belge de La Gantoise, qui recevra le Zenit Saint-Pétersbourg lors de la dernière journée de la phase de poules de la Ligue des champions, a en effet décidé de refuser d'accueillir les supporters de l'équipe russe à cette occasion. De peur que la grosse communauté turque de la ville de Gant les prenne pour cible... C'est donc peu dire que l'UEFA, la Confédération européenne, doit prier pour que le tirage au sort de l'Euro 2016, prévu le 12 décembre, ne mette pas les deux nations dans le même groupe. 

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