Vote pour Sepp Blatter : Michel Platini très fâché contre Noël le Graët

Football

POLITIQUE - Le président de la FFF, Noël Le Graët, a voté pour Sepp Blatter lors de la dernière élection présidentielle, ignorant la consigne de son homologue de l'UEFA et allié, Michel Platini. Lequel n'a pas, mais alors pas du tout apprécié. Et le lui a fait savoir.

Ils étaient, à entendre Noël le Graët, les meilleurs amis du monde. Mais cela est sans doute un peu moins vrai aujourd'hui. Car le président de la Fédération française de football (FFF), qui n'a de cesse depuis de longs mois de faire l'éloge de Michel Platini, s'est récemment fait engueuler par son homologue de l'UEFA (la Confédération européenne). En cause : le vote du Breton pour Sepp Blatter lors de la dernière élection présidentielle de la Fifa, alors que l'ex-meneur de jeu des Bleus s'était farouchement opposé aux Suisse et avait même demandé aux présidents des Fédérations européennes de voter pour le prince Ali, seul concurrent de Blatter durant le scrutin .

Noël le Graët avait pourtant eu le mérite de prévenir tout le monde de ses intentions à la veille du vote, alors que le scandale éclaboussant la Fifa venait d'éclater. "J'aime bien rendre quand quelqu'un m'a donné quelque chose. Je n'oublie pas que la Fifa nous a confié l'organisation du Mondial féminin en 2019", avait-il alors argué, cautionnant d'une certaine manière le système Blatter en présentant l'élection comme un échange de faveurs.

La "réflexion" de Le Graët...

"La France n'a pas obtenu la Coupe du monde 2019 sur un acte de bienveillance du président de la Fifa mais parce que notre dossier était le meilleur, l'a ainsi retoqué le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, sur RTL mercredi matin. Je suis étonné par l'explication de ce vote. Après, si Noël Le Graët estimait à l'époque de son vote que Blatter était le meilleur candidat, ça... Il a voté, je n'en doute pas, en son âme et conscience."

Il a voté, surtout, en ignorant délibérément la consigne son allié Michel Platini. Interrogé par les médias à son arrivée à Zürich, à la veille du scrutin, sur l'identité du candidat qu'il soutiendrait, le Breton a répondu : "Jusqu’à hier Blatter. Ça mérite réflexion depuis hier matin. Pour moi, la décision de Michel Platini et des Européens est importante." Puis, le lendemain,Noël le Graët reconnaissait publiquement avoir quand même donné sa voix à Blatter.

Le Graët : "Le prince Ali, pour moi, c'était un paravent"

Peut-être le patron du foot français pensait-il s'attirer ainsi les bonnes grâces d'un dirigeant en poste pour quatre ans de plus. Il s'agit, dans tous les cas, d'une erreur stratégique, puisque le Suisse a finalement démissionné quatre jours plus tard et qu'il s'est, au contraire, attiré les foudres de Michel Platini. Lequel, selon Le Parisien , l'a contacté pour lui faire savoir qu'il a pris son vote comme un désaveu personnel, voire une provocation.

"Pour moi, ça ne change rien entre nous, se justifie Le Graët dans L'Équipe . On fera tout pour que l'Euro se passe du mieux possible. Ce n'était pas Blatter contre Platini mais Blatter contre le prince Ali. Et le prince Ali, pour moi, c'était un paravent. Parmi ceux qui ont voté pour lui, beaucoup ont voté contre Blatter. Nos rapports avec la Fifa sont d'une grande pureté. J'ai voté à titre personnel pour Blatter. Pour moi, il reste un homme d'une grande qualité intellectuelle. Si j'apprenais qu'il avait pris de l'argent à titre personnel, je serais effondré." La présomption d'innocence a bon dos .

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