Zinedine Zidane réagit à la mort de Jacques Chirac, ce Président qu’il a tant aimé (et réciproquement)

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La mort de Jacques Chirac

ÉQUIPE DE FRANCE – Lors de sa conférence de presse de veille de match, ce vendredi, Zinedine Zidane, l’entraîneur du Real Madrid, a tenu à saluer la mémoire de Jacques Chirac, "le président de tous les sportifs". L’occasion de rouvrir la boîte à souvenir.

Alors que le bateau tangue, que les résultats ne sont pas bons et que la presse gronde en écho du public, Zinedine Zidane a pris l’habitude, en ce début de saison, de se montrer désespérément placide au moment de faire face aux médias lors de ses conférences de presse bihebdomadaires à Valdebebas, le centre d’entraînement du Real Madrid. Ce vendredi a fait exception. La veille, Jacques Chirac est mort, à l’âge de 86 ans. Et, interrogé à ce sujet, le coach, qui avait appelé à voter pour l'ancien président contre le Front national en 2002, a fendu l’armure.

Ce dont je me souviens, ce sont les petits moments qu'on a eus et qui le sortaient de la politique. Il était content de parler d'autre chose, ça se sentait.- Zinedine Zidane

"Je suis triste, tout simplement, parce qu'en plus je le connaissais personnellement", a lâché, ostensiblement ému, l’ex-meneur de jeu de l’équipe de France masculine. Avant d’ainsi développer son point de vue : "Il a été notre président mais il a été surtout le président de tous les sportifs, l'ami de tous les sportifs. Il adorait les gens, pas simplement le milieu de la politique. Je pense qu'il adorait les gens même les plus retirés dans les campagnes. Il a toujours été comme ça. (...) Ce dont je me souviens de lui, ce sont les petits moments qu'on a eus (ensemble) et qui le sortaient de la politique. Il était content de parler d'autre chose, ça se sentait. Je garde un très bon souvenir de lui."

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Un de ces "petits moments" intimes a justement été raconté, jeudi soir sur les ondes de RMC Sport, par le docteur Paclet, médecin des Bleus lors de la Coupe du monde 2006 : "J’ai un souvenir extraordinaire de la visite de Jacques Chirac après le match contre le Brésil où il voulait absolument voir Zizou... Je lui avais dit ‘attendez un peu’ parce que je savais ce qu’ils étaient en train de faire, ces couillons ! Avec Willy (Sagnol) et Makelele, ils étaient en train de se taper une petite cigarette après le match. C’était merveilleux de voir le président de la République face à un joueur qui était assis sur le siège des toilettes et un autre dans le lavabo. Ça, c’est une scène qui m’a marqué."

Je vous le dis de tout cœur parce que, vraiment, c’est un sentiment d’estime, d’admiration, de respect et de reconnaissance. - Jacques Chirac à Zinedine Zidane

L’histoire retiendra que le chef de l’État avait, cet été-là, spontanément, en privé comme en public, défendu Zinedine Zidane après son coup de tête sur Marco Materazzi en finale, l'assurant de "l'admiration et de l'affection de la nation"... Mais une autre séquence mérite d’être rappelée, issue d’un documentaire de Canal+. On y voit le joueur décrocher son téléphone et mettre le haut-parleur pour son épouse et son frère Farid, présent à ses côtés, dans le domicile madrilène de l'icône. À l’autre bout du fil, Jacques Chirac, qui avait donc téléphoné à celui qui avait annoncé, en avril 2006, qu’il prendrait sa retraite après le fameux Mondial.

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Voici, in extenso, ce que lui avait dit le président de la République : "Je tenais à vous dire un mot amical et chaleureux à l’occasion de la décision que vous venez de prendre, que chacun peut comprendre et que tout le monde regrette (rires). Je voulais profiter de cette occasion pour vous dire toute l’estime et le respect que j’ai pour votre éblouissante carrière. La nouvelle de votre participation à la prochaine Coupe du monde est évidemment une grande joie pour tout le monde (Zidane avait pris sa retraite en 2004 avant de revenir sur sa décision, ndlr). Je vous le dis de tout cœur parce que, vraiment, c’est un sentiment d’estime, d’admiration, de respect et de reconnaissance. C'est l’ensemble des sentiments que les Français ont pour vous." Pendant que Jacques Chirac prononçait ces mots, la caméra filmait Zinedine Zidane en gros plan. Ému, déjà.

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