20 centrales nucléaires menacées par la rouille, alerte l'ASN

20 centrales nucléaires menacées par la rouille, alerte l'ASN

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SECURITE - L'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) a confirmé lundi 16 octobre qu'il existait bien un risque de défaillance, en cas de séisme, des tuyauteries de systèmes de pompage d'eau froide de 20 réacteurs nucléaires exploités par EDF en France.

Un événement de niveau deux sur une échelle qui en compte sept. Voilà comment l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a classé lundi 16 octobre le risque de sûreté sur des tuyaux de systèmes de pompage d'eau froide de 20 réacteurs nucléaires exploités par EDF en France. En clair, certains tuyaux sont tellement rouillés que l'épaisseur de leurs parois a diminué, et pourraient ne pas résister en cas d'inondation à la suite d'un séisme, souligne l'ASN.

"L'absence d'une maintenance préventive adaptée"

Un problème jugé inquiétant - même si aucun incident n'est encore survenu - puisque ces tuyaux servent à pomper l'eau des rivières ou de la mer pour refroidir les composants essentiels des réacteurs. Ce problème concerne les centrales de Belleville-sur-Loire, Cattenom, Chinon, Cruas, Dampierre-en-Burly, Golfech, Nogent-sur-Seine, Paluel, Saint-Alban et Saint-Laurent-des-Eaux. "Ces dégradations sont la conséquence de la corrosion qui a pu se développer en l'absence d'une maintenance préventive adaptée", explique le communiqué de l'ASN.  


Un événement de niveau 2 concerne également 10 centrales françaises pour un risque portant sur la robustesse de certaines structures métalliques liées à des groupes électrogènes en cas de séisme. L'ASN a en outre imposé fin septembre l'arrêt provisoire de la centrale du Tricastin (Drôme et Vaucluse) en raison de risques d'inondation du site en cas de séisme d'ampleur exceptionnelle.

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"Usuellement, des incidents de niveau 2, on en a entre cinq et dix par an ; là, on en a trois dans une succession relativement rapide [...] On n'est pas dans des chiffres qui sortent de ce qu'on a vu dans le passé", a commenté Pierre-Franck Chevet, le président du gendarme français du nucléaire (ASN), qui se veut pourtant rassurant : "Le fait qu'on ait des anomalies, quelque part, c'est un moyen de faire progresser la sûreté dans la durée", précise-t-il.


L'ASN précise en outre que pour neuf autres réacteurs, l'événement de sûreté a été classé au niveau 0. Des réparations ont été engagées, ajoute l'ASN.

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