21 propositions pour réconcilier les élèves français avec les mathématiques

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RAPPORT - Le mathématicien et député LREM Cédric Villani et l'inspecteur général de l'Education nationale, Charles Torossian, vont remettre lundi 12 février au ministre de l'Education leur rapport sur l'enseignement des mathématiques. 21 propositions pour remédier au retard français dans cette discipline.

Comment redonner le goût des mathématiques aux élèves français ? C’est  la mission confiée par Emmanuel Macron au député LREM Cédric Villani, médaille Fields (l’équivalent du Prix Nobel), et à l'inspecteur général de l’Education nationale, Charles Torossian. Il faut dire qu'il y a urgence : la France est le dernier pays européen au classement Timss, qui évalue les performances des enfants de CM1 en maths. 


"Pourtant, un septième de la scolarité de nos élèves est consacré à cette discipline. On ne peut pas se satisfaire de ces résultats", estime dans le Journal du Dimanche Charles Torossian. "La situation est encore pire qu'on le croyait, ajoute dans le quotidien Cédric Villani. Mais il existe beaucoup d'initiatives, d'acteurs prêts à s'investir, il est possible de rebondir." Les deux hommes vont donc livrer lundi 12 février leur "recette" au ministre de l’Education. Au menu, 21 propositions, assorties d’une trentaine de mesures secondaires. En voici les premières pistes...

Renouer avec le calcul

Les auteurs proposent de renforcer le calcul mental dès le CP. L'idée est de travailler sur de petits nombres et d'apprendre les quatre opérations de base (addition, soustraction, multiplication et division) afin de développer les automatismes. Ces calculs abstraits devront être couplés à de la manipulation d'objets réels ou virtuels. "Il faut que le calcul soit plus approfondi, mieux compris et mieux maîtrisé", confirme Roger Mansuy, professeur de maths au lycée Louis Le Grand à Paris, sur LCI. "Car le calcul, ce n'est pas simplement trouver des résultats ou apprendre des tables de multiplication", ajoute-t-il. "On veut aussi que les élèves aient du recul sur ce qu'ils sont en train de faire et une compréhension qui leur permettent de pouvoir utiliser les maths dans leur quotidien".

De nouvelles méthodes pédagogiques

Parmi les mesures, les deux auteurs souhaitent également la mise en place de méthodes pédagogiques alternatives qui ont porté leurs fruits à l’étranger. Parmi elle, la méthode de Singapour qu’ils estiment être "une synthèse de pratiques didactiques et pédagogiques efficaces". Elle assure en fait un apprentissage des mathématiques explicite, progressif, et qui laisse place à la verbalisation. "Il y a en effet plusieurs façon d'approcher l'enseignement des maths", explique Roger Mansuy. "On dit toujours qu'il faut changer les programmes, or c'est juste le cadre minimum que l'enseignant doit avoir. Après à lui de construire un cours qui soit pertinent par rapport à ce qu'il veut faire et par rapport aux élèves qu'il a en face de lui".

En vidéo

Enseignement des maths : la France s'inspire de la méthode de Singapour

Des profs mieux formés

Afin de faire aimer les maths aux enfants, les experts affirment également qu'il faut davantage former les enseignants en multipliant par 5 le nombre d'heures consacrées aux mathématiques dans leur formation. Et cela part d'un constat simple : ces futurs enseignants sont issus en grande majorité des filières littéraires.

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