A Cannes, une brigade contre l'incivisme

FRANCE
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REPORTAGE – Depuis le début du mois de mai, une brigade spéciale de la police municipale traque les incivilités à Cannes sans l’uniforme. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les verbalisations s’enchainent…

"Bonjour monsieur, brigade anti-incivilité, nous venons de constater que vous avez écrasé et laissé votre mégot de cigarette par terre". Ce touriste italien ne le sait pas encore, mais l’agent va lui infliger une amende de 68 euros. Elle s’élèvera même à 180 euros s’il ne la paie pas dans les délais demandés.

Depuis trois semaines, la brigade environnement de Cannes est dans la rue. Et elle n’est pas toujours visible. Ce vendredi, comme tous les jours, deux agents de la brigade partent en mission en civil pour traquer toutes formes d'incivisme. Du promeneur de chien sans laisse au fumeur malpropre en passant par les personnes qui crachent et urinent dans la rue, les agents sont à l’affût. En cas de débordement, un policier municipal en uniforme suit à une centaine de mètres et se tient prêt à intervenir.

Derrière la répression, la pédagogie

"Lutter contre l'incivilité était le cheval de bataille de la campagne de notre maire David Lisnard", explique Yves Daros, le directeur de la police municipale de Cannes. "Il m’a demandé de mettre la priorité sur cet aspect." poursuit-il. La première partie du dispositif a été mise en place en avril 2014. Et les premiers résultats sont saisissants. En ce qui concerne la verbalisation pour les jets de détritus dans l’espace public, le nombre de PV est passé depuis un an de 11 à 255 depuis un an. Soit une augmentation nette de 2 218 % ! Plus étonnant encore, le nombre de flagrant délit de mixtion sur la voie publique est passé de 0 à 118 cas.

Mais derrière ce système ultra-répressif assumé, la municipalité souhaite faire de la sensibilisation. La police municipale est allée à la rencontre "de près de 2 000 élèves" d'écoles primaires et secondaires pour sensibiliser au civisme. "On espère que les enfants passent le message aux parents", ajoute Yves Daros. Dans les rues de Cannes, des panneaux de prévention sont installés. "Cent quatre-vingts euros, ça fait cher la clope", peut-on y voir inscrit. Le directeur de la police municipale justifie le prix des amendes forfaitaires : "Avec le nettoyage des rues, les mégots jetés au sol cheminent jusqu’à la mer. Et dans l’eau, une cigarette met plus de cinquante ans à se désagréger. La mairie nous demande d’être intransigeants." Les fumeurs malpropres sont prévenus.

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