À La Gaude, les opposants au MIN ne désarment pas

À La Gaude, les opposants au MIN ne désarment pas

FRANCE
DirectLCI
ENVIRONNEMENT – À l’appel de deux associations de défense de l’environnement, des opposants au projet d’implantation du Marché d’intérêt national se sont rassemblés dimanche matin à La Gaude.

"On va détruire ici des terres agricoles qui sont parmi les plus riches de France pour pouvoir importer des fruits et légumes de l’étranger, on marche sur la tête !" Invités par l’association La Gaude Environnement et par le Collectif associatif pour des réalisations écologiques (Capre 06), Claude et Lydia Bourguignon n’ont pas mâché leurs mots ce dimanche matin. Ces deux spécialistes reconnus des sols étaient venus donner quelques coups de pioche à La Baronne, sur la commune de La Gaude, à l’endroit même où, d’ici à 2018, devrait ouvrir, sur 20 hectares de terres aujourd’hui en friche, le nouveau Marché d’intérêt national. Verdict des deux agronomes : "Ici, les terres sont, avec celles de la région parisienne et de Nantes, parmi les plus propices au maraîchage."

Des opposants déterminés

Les défenseurs locaux de l’environnement, eux, en sont convaincus depuis longtemps. "C’et aberrant de déplacer le MIN sur ces terrains, relève Geneviève Andrea, de l’association La Gaude Environnement. Il doit rester où il est, à Nice. Aujourd’hui, il est surdimensionné. En regroupant le MIN fleurs et celui des légumes, on dégage de la place pour le pôle multimodal, qui est nécessaire. Mais pourquoi ajouter un centre international d’expositions sur 75 000 m2 ? Quant à ces terres agricoles de La Gaude, elles doivent être allouées à de jeunes agriculteurs qui en cherchent désespérément dans le département." Monique Touzeau, la présidente de Capre 06, rappelle de son côté qu’il y a quelques années, elle avait déjà réussi à faire capoter le projet d’A8 bis. Elle compte aujourd’hui sur le soutien de la Commission européenne, qui s’est saisie du dossier suite à une pétition locale.

L’OIN dans le viseur

Au-delà du projet du MIN, c’est toute l’opération d’intérêt national (OIN) de la plaine du Va r qui est dans le viseur des contestataires. Selon eux, 3 millions de m2 vont être bâtis de Cap 3000 au bec de l’Estéron. Actuellement se déroule la phase de concertation sur le projet stratégique et opérationnel de l’OIN. Des réunions, houleuses, se sont déjà tenues à Carros, Colomars et Saint-Laurent-du-Var. La prochaine doit se tenir à Nice en octobre. Le projet définitif devrait être acté en mars prochain. Mais les opposants ne l’entendent pas de cette oreille. "Lors de la dernière réunion, nous sommes venus gentiment porter des courges de notre production aux responsables de l’opération de la plaine du Var, raconte Monique Touzeau. Résultat, ils se sont moqués de nous. La prochaine fois, on viendra avec du bitume… et des plumes !"
 

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