A la peine, le nouveau parti musulman tente sa chance à Marseille

A la peine, le nouveau parti musulman tente sa chance à Marseille

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CAMPAGNE – L'Union des démocrates musulmans de France (UDMF), qui souhaitait présenter plusieurs candidats aux élections départementales, ne sera finalement représentée qu'à Marseille, a-t-elle annoncé mardi sur son site, mettant en avant des "pressions" et un manque de financements.

L’effet d’annonce fait plouf. Ambitionnant de présenter à l’occasion des élections départementales des candidats en Ile-de-France, à Nice, à Strasbourg, près de Lens ou encore en banlieue lyonnaise, l’ Union des démocrates musulmans de France (UDMF) ne sera finalement représentée que dans les Bouches-du-Rhône. Et dans un seul canton : le numéro 12, dans le centre-ville de Marseille.

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Une ambition revue très largement à la baisse en raison de "pressions" et d’un "manque de financement", explique le parti politique dans un communiqué publié sur son site Internet. "Certains membres ont préféré se retirer du circuit à cause de cette pression grandissante et nous ne pouvons que respecter leur choix et comprendre leurs raisons", indique le jeune parti musulman.

"Une dynamique énorme" à Marseille

Contacté par metronews pour essayer d’en savoir davantage sur ce retrait, l’UDMF n’a pas donné suite. Reste que deux de ses candidats se présenteront bel et bien dans le canton des Chartreux à Marseille. Là où "la dynamique est énorme", là où les candidats Houria Medjbar et Bruno Pérez pourraient "arriver au 2ème tour", assure dans le Parisien , Nagib Azergui, président-fondateur du parti.

"S’il y a une dynamique, c’est plutôt de notre côté", ironise le candidat UMP du canton n°12, Thibault Pinatel, s’interrogeant sur l’identité de ses adversaires. "Je ne les connais pas", affirme-t-il. Même interrogation pour Benoît Payan, tête de liste PS dans ce secteur déclarant ne pas savoir "d’où viennent" Houria Medjbar et Bruno Pérez. "Ils sont de Marseille ?", se demande-t-il.

"C'est ce que cherchent les terroristes"

Inconnus des partis traditionnels, les candidats de l’UDMF ont peu de chance d’avoir "une représentativité", estime Benoît Payan. Même dans un secteur où vit une importante population de confession musulmane ? "Je ne pense pas que le confessionnel soit pris en compte par les électeurs, réplique Thibault Pinatel. N’importe quel croyant peut faire la distinction entre le religieux et le politique", ajoute-t-il.

Une question de la religion qui n’a pas manqué de faire polémique les jours précédents l’annonce de cette candidature. Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti socialiste (PS), avait qualifié dimanche d'" erreur stratégique majeure " l'existence de cette "pseudo-formation politique". "C'est exactement ce que cherche le Front national et je vais même plus loin, sans mettre le Front national sur le même plan : c'est exactement ce que cherchent les terroristes", avait-il estimé.

À l'instar du parti chrétien-démocrate de Christine Boutin dont il dit suivre l'exemple, l’Union des démocrates musulmans se défend d’être un mouvement confessionnel. Favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales, et à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, il entend promouvoir une "finance islamique", qui proscrit les intérêts, et veut revenir -sans le dire clairement- sur l'interdiction du port du voile à l'école.
 

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