A Lille, des maisons entières dédiées à la culture indoor de cannabis

FRANCE

DROGUE – Depuis environ trois ans, la culture à domicile de cannabis explose dans la métropole lilloise. Dorénavant, les trafiquants utilisent des maisons, non pour les louer, mais pour les transformer en lieux de culture sur plusieurs étages. Explications avec les hommes de la brigade des stupéfiants de Lille.

"C'est une nouvelle forme de trafic qui progresse fortement dans la métropole lilloise". Le chef de la brigade des stupéfiants est formel. Depuis environ trois ans, la culture indoor de cannabis est l'une des nouvelles techniques les plus utilisés par les trafiquants.

"Dorénavant, les vendeurs de stupéfiants se mettent aussi à produire directement dans des habitations dédiés uniquement à cela, indique à metronews le patron des stups de Lille. Cela peut représenter des centaines de milliers d'euros de bénéfices." En 2012, la police avait démantelé seulement deux réseaux. En 2013, on n'en comptait que quatre sur l'année. En 2014, il s'agit de plusieurs par trimestre (quatre rien qu'au premier, ndlr). "Nous devons aussi nous occuper en priorité de l'héroïne, mais devant l'ampleur du phénomène, nous avons décidé de réagir en conséquence", confie un enquêteur spécialisé.

Plusieurs récoltes par an

Il faut dire que les avantages sont légion pour les trafiquants. Cette culture évite les allers-retours risqués vers les Pays-Bas ou de se faire voler la marchandise. Avec le temps, elle s'est perfectionnée via Internet et permet d'annuler les intermédiaires gourmands tout en proposant une herbe de qualité, le tout avec plusieurs récoltes par an. "L'herbe est parfois coupée avec du verre pilé ou de la terre, détaille l'enquêteur des stups. Les consommateurs sont friands de ce type de produits."

Autant de gains qui entraînent les dealers vers des organisations quasi industrielles dans la métropole lilloise. Des maisons de plusieurs étages y sont exclusivement dédiées, avec parfois 300 plants par adresse. Un entrepôt prévu pour accueillir 2.100 pieds a également été démantelé cette année. "Ils utilisent des prête-noms à l'allure non suspecte, comme des jeunes filles, pour faire semblant de louer, note le chef des stups. En parallèle, des propriétaires d'habitation trouvent plus rentable de faire de la culture indoor que de la simple location." 

Mais les risques de voir débarquer la police sont élevés, avec à la clé des peines pouvant aller jusqu'à 20 ans de prison. L'odeur très forte alerte souvent le voisinage et les installations complexes pour ce genre de culture génèrent souvent des incidents électriques. Sans parler, bien sûr, des habituelles dénonciations.

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