A Lille, la lutte contre les embouteillages tourne au ralenti

A Lille, la lutte contre les embouteillages tourne au ralenti

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ECONOMIE - Philipe Hourdain, président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI), dénonce l'immobilisme en matière de lutte contre les embouteillages et rappelle ses conséquences économiques négatives sur les entreprises.

"Si rien n'est fait, la métropole lilloise sera totalement bouchée d'ici à 5 ans." Philippe Hourdain, président de la chambre de commerce et d'industrie du Grand Lille, n'est pourtant pas du genre alarmiste, mais il s'inquiète de l'immobilisme en matière de lutte contre les embouteillages. Les bouchons sont devenus le cauchemar des automobilistes de la métropole. "Il est admis que chacun passe en moyenne 50 heures par an bloqué au volant, rappelle Philippe Hourdain. Et cette durée augmente chaque année de huit minutes."

Selon une étude de fin 2013, Lille est la dixième ville la plus embouteillée de France. Au-delà des désagréments d'ordre personnel, le président de la CCI a déjà dénoncé à de multiples reprises les incidences de la congestion quasi-permanente du réseau routier métropolitain sur l'activité économique. "Cela a des conséquences très lourdes sur l'économie ne serait-ce que sur l'attractivité", répète-t-il. Cette thrombose routière entraîne même un manque à gagner de 1,4 milliard d'euros selon le livre blanc de la mobilité publié l'an dernier par la CCI.

"Quand j'évoque le sujet, j'agace"

Dans ce document, Philippe Hourdain et les milieux économiques proposaient aussi des solutions pour désengorger le réseau routier de la métropole. "Soit par la construction d'infrastructures comme le contournement Sud-Est de Lille ou l'échangeur de Templemars, rappelle le président de la CCI, ou la mise en place de mesures permettant de fluidifier le trafic comme le covoiturage par exemple." Mais ces recommandations sont aujourd'hui restées lettre morte. "Je dirais même que dans les mentalités nous n'avons pas avancé depuis 2008."

Les municipales qui approchent n'ont pas non plus permis de prendre le dossier des embouteillages à bras-le-corps selon lui. "Ce n'est pas de la responsabilité des maires, mais c'est un peu le problème, regrette-t-il. Personne ne se sent responsable alors on ne fait rien. Et quand j'évoque le sujet j'ai l'impression que j'agace. Mais aujourd'hui les entrepreneurs n'en peuvent plus des salariés en retard et des livraisons de marchandises bloquées dans les bouchons."

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