A Lille, le circuit court sort des jeunes du chômage

A Lille, le circuit court sort des jeunes du chômage

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EMPLOI – Lancé il y a un an et demi par la mairie de Lille, le dispositif circuit court a permis à des jeunes issus de quartiers de (re)trouver du travail. Martine Aubry et Pierre de Saintignon en ont rencontré certains, samedi pour faire le point.

Mis en place en 2011 par la mairie de Lille, le circuit court consiste à mettre directement en relation des chefs d’entreprise et des jeunes en recherche d’emploi. Les porteurs du projet, Martine Aubry et son premier adjoint Pierre de Saintignon, sont fiers. "Je n’ai pas la prétention de dire que nous allons faire bouger le marché de l’emploi. Il faudrait pour cela que le gouvernement débloque plus de moyens, mais le circuit court fonctionne", précise Pierre de Saintignon.

Sur les 1142 jeunes qui ont bénéficié de cette connexion, 284 ont signé un CDI, 492 sont actuellement en CDD de plus de six mois et 366 ont entrepris une alternance. Il s’agit essentiellement de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans inscrits auprès d’une mission locale, diplômés ou non. "Ce sont surtout des jeunes hyper motivés et dynamiques mais discriminés par leur nom, leur histoire, leur quartier, ajoute Martine Aubry. Il faut leur donner confiance. On ne les lâchera pas."

Une remise en selle vertueuse

Pour la grande majorité, les choses sont allées plutôt vite. Les principaux secteurs qui offrent des opportunités sont la restauration, le sanitaire et social ou encore le commerce. "J’ai bénéficié deux fois du circuit court, raconte Mohamed El Khadrioui, 21 ans, titulaire d'un BEP maintenance des équipements industriels. J’ai signé un CDD d’un an à LMH en tant que gestionnaire de déchets. Puis, lors de réunions organisées par la mission locale dans lesquelles je témoignais, j’ai été contacté pour un contrat jusqu’avril 2015 en tant que médiateur en lien avec la propreté urbaine à la régie de quartier Mos’art."

Mohamed est formel : sans ce coup de pouce, il serait toujours sans emploi, "à tenir les murs dans le quartier, au Faubourg de Béthune. Javais beau envoyé des CV, on ne me rappelait jamais", dit-il. Des rencontres se font, des numéros s’échangent. Les bénéficiaires voudraient créer une association pour aller au contact d’autres jeunes et témoigner de leurs parcours. Une initiative vivement encouragée par Martine Aubry : "Votre parole est plus crédible que la nôtre sur ces sujets-là. On peut mettre à votre disposition des lieux dans chaque quartier pour créer ce lien."

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