A Lyon, Airbnb n'arrange pas les affaires des hôteliers

A Lyon, Airbnb n'arrange pas les affaires des hôteliers

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LOGEMENT - La plateforme communautaire de location de logements de particuliers est pointée du doigt par les hôteliers traditionnels. D'autant qu'à Lyon, l'offre est déjà supérieure à la demande.

C'est un peu comme la "guerre" que se livrent les taxis et les VTC . Sur un marché hôtelier lyonnais qui a gagné 3.000 chambres depuis près de cinq ans et sur lequel dix-sept projets sont en cours, le développement des modes de logements dits "alternatifs" est assez mal vécu par les professionnels du secteur, qui ont déjà souvent bien du mal à faire le plein. Lancée en 2008, la plateforme communautaire de location de logements de particuliers Airbnb , qui propose 2 700 offres sur l'agglomération lyonnaise, est par exemple pointée du doigt par l'Union des métiers de l'industrie et de l'hôtellerie du Rhône (Umih).

"Sur le principe, le concept de l'économie collaborative ne nous pose pas de problème, explique Laurent Duc, président de l 'Umih 69 . Mais lorsque des personnes achètent une résidence secondaire pour la louer à l'année sur Airbnb et qu'ils échappent à toute réglementation (sécurité, hygiène, taxes de séjour…), cela devient des hôtels que ne disent pas leur nom et crée une concurrence déloyale qui nous choque énormément."

"Compléter l'offre hôtelière"

De son côté, Nicolas Ferrary, directeur France d'Airbnb, note que "dans les grandes villes, le site a plutôt vocation à compléter l'offre hôtelière lors des grands événements, et pas forcément une concurrence. C'est particulièrement vrai à Lyon, lors des nombreux congrès ou de la Fête des lumières. De plus, la loi Alur (dite Duflot) encadre désormais la location courte durée des résidences secondaires. Les villes de plus de 200 000 habitants peuvent ajouter des règles spécifiques, comme une demande d'autorisation."

Si la plupart des hôteliers lyonnais font grise mine, certains estiment, comme Olivier Devys, président du groupe Okko , qu'il est "trop facile de crier à la concurrence déloyale" et que c'est au contraire "aux professionnels de se remettre en question et de se réinventer pour faire face." Ses hôtels à Lyon et Grenoble n'ouvriront qu'à l'automne. Peut-être aura-t-il changé d'avis à ce moment-là.
 

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