A Marseille, la guerre des territoires fait rage

A Marseille, la guerre des territoires fait rage

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FAIT DIVERS – La mort par balles mardi d’un homme de 39 ans porte à 4 le nombre de décès liés à des règlements de comptes depuis le début de l’année. Une spirale pas prête de s’arrêter.

Dix-sept règlements de comptes en 2013. Et déjà 4 morts à la suite d’homicides par balles en 2014. Rien n'arrête la spirale meurtrière à Marseille. Dernière victime en date :  Lakhdar Medjou. L'homme a été abattu à la sortie d’une école de la cité Val Plan, sous les yeux de son fils de 9 ans . "Ce n’est pas un petit caïd qui a été tué, confirme pour metronews une source proche de l’enquête, là c’est du haut niveau, ce n’est pas le bas de l’échelle du trafic de drogue".

Plus intriguant souligne David-Olivier Reverdy, secrétaire zonal du syndicat Alliance. La mort de cet homme de 39 ans, connu pour des faits de banditisme, coïncide avec le meurtre par balles de Thierry Street, 47 ans, samedi dernier dans le quartier de la Pomme. "Le parallèle peut être fait, on s’attaque à des gens connus, reconnus pour leur vie de délinquant. C’est peut-être l’amorce de quelque chose", confie-t-il.

Calife à la place du Calife ?

Une guerre de territoire pour contrôler le trafic de drogue dans les cités ? Selon un enquêteur, Lahhdar Medjou était devenu le chef présumé du réseau de stupéfiants de la cité de Val Plan dont les gains peuvent être estimés dans ce point de vente à des centaines de milliers d’euros par mois. "Il a forcément attiré la convoitise, analyse une source de police. Seuls les résultats de l’enquête détermineront les motivations des tueurs".

"A ce stade toutes les hypothèses sont envisageables", confirme Jérôme Pierrat*, écrivain-journaliste, spécialiste du crime organisé. "Soit il y a eu un différend commercial, soit quelqu’un veut être calife à la place du calife pour récupérer le trafic. Lakhdar Medjou s’était peut-être aussi accaparé le réseau de Val Plan et il y a eu un match retour". 

Un trafic très "mouvant" dans le 13ème arrondissement

Seule certitude, les tueurs connaissaient leur victime avant de l’abattre d’une rafale de kalachnikov. Des tireurs "déterminés" qui savaient qu’elle se trouverait à la sortie de l’école pour récupérer ses enfants. "75 % des règlements de comptes sont des trahisons, révèle Jérôme Pierrat, encore plus dans le 13ème arrondissement de Marseille".

Courant 2013, ce secteur avait effectivement été le théâtre de la majorité des règlements de comptes sanglants comme à la cité des Oliviers. "Visiblement ici, la situation est mouvante. Les autres quartiers sont plus structurés", analyse l’écrivain. "On sait très bien qu'il y a des déménagements de trafics, reconnaît le président du bailleur social 13 Habitat, Christophe Masse. Chaque fois qu’on fait des actions, il y a un transfert ailleurs".

*Jérôme Pierrat tient sur metronews.fr, un blog intitulé "Dernières nouvelles du milieu". Il est l'auteur de "Parrains de cités, enquête chez les millionaires du trafic de stups", édité aux éditions La manufacture de livres.
 

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