A Nice, la crémation terrasse l'enterrement

FRANCE

TOUSSAINT – De plus en plus d'Azuréens préfèrent l'incinération à l'inhumation. Le crématorium de Nice, troisième plus actif de France, pourrait bientôt saturer.

A Nice, on enregistre désormais moins d'un enterrement pour deux crémations. Une tendance qui se développe depuis plusieurs années, faisant du crématorium de Nice, implanté à Colomars, le troisième plus actif de France après ceux du Père Lachaise à Paris et de Marseille. "Nous réalisons environ 3.800 crémations par an, dont la moitié concerne des Niçois, mais aussi des personnes résidant dans les communes limitrophes et même des Italiens" indique Frédéric Laurenty, le directeur général délégué de crématorium, géré par le groupe OGF pour le compte de la métropole Nice Côte d'Azur.

Le choix de la crémation est nettement plus fréquent sur la Côte d'Azur qu'ailleurs en France : 45% des défunts azuréens sont incinérés, contre 35% en moyenne pour l'ensemble du pays. "Cela est lié au problème du foncier, car il y a moins de place dans les cimetières, mais aussi au coût des obsèques, qui est moins élevé dans le cas d'une crémation car il n'y a pas la nécessité d'acheter un caveau ni de l'ouvrir" explique Frédéric Laurenty.

Le crématorium saturé dans deux ans ?

Face à cet engouement, le crématorium de Nice a bénéficié de lourds travaux de modernisation. En 2008, la ville de Nice avait investi 2,6 millions d'euros pour notamment l'équiper d'un troisième four, d'un système de filtration pour atteindre "zéro rejet" dans l'atmosphère, et même d'un scanner dans lequel passent tous les cercueils pour vérifier que le défunt ne porte pas de "pacemaker" qui risquerait d'imploser lors de la crémation (une douzaine de cas détectés l'an dernier). Le site réalise en moyenne 14 par jour… et il pourrait saturer d'ici à deux ans. Un deuxième crématorium pourrait alors voir le jour au sein de la métropole.

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