A Notre-Dame-des-Landes, la "zone d’autonomie définitive" se dessine

FRANCE

NOTRE-DAME-DES-LANDES – Entre 150 et 200 opposants au projet d’aéroport vivent en permanence sur la "zone d’aménagement différé" (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, qui se veut une "base logistique" pour les autres luttes en France (sans-papiers de Calais, ferme des Mille Vaches…).

Ils ne veulent pas être "réduits à des manifestations virtuelles sur Twitter, comme nous le propose courageusement EELV", ont-ils rappelé ce dimanche . Les occupants de la "zone d’aménagement différé" (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes sont donc venus en nombre, samedi, dans le centre-ville de Nantes, pour la manifestation en mémoire de Rémi Fraisse. Le préfet a dénombré jusqu’à 600 personnes, alors que "150 à 200" personnes vivent sur place, selon un opposant au projet d’aéroport.

9 tonnes de farine de blé produites en un an

Sur la ZAD, une soixantaine de "lieux de vie" (fermes réoccupées, cabanes dans les arbres…) ont ainsi poussé en l’espace de cinq ans . Les champs abandonnés y ont été remis en culture, permettant de produire l’an dernier neuf tonnes de farine de blé – de quoi assurer l’autonomie de la ZAD en pain pendant un an. "Trente tonnes de pommes de terre" et "quatre à cinq" d’oignons sont également sorties de terre. "Ici, certains travaillent plus que d’autres qui font leurs 35 heures dans un bureau", sourit un occupant des "Fosses noires", une ancienne ferme réoccupée. Une partie des marchandises est ainsi vendue "à prix libres" sur le "Non-Marché" hebdomadaire de la ZAD. On y trouve aussi des produits récupérés dans les poubelles des supermarchés de la région – ce qui a valu il y a dix jours une condamnation pour "vol" à l’un de ses habitués .

"Allers-retours réguliers" avec le barrage de Sivens

Mais une autre partie de la production de la ZAD alimente aussi les autres "luttes" en France, comme celle contre la ferme des "Mille vaches", en Picardie, ou celle des sans-papiers à Calais. Des "allers-retours réguliers" sont aussi faits avec le site du projet de barrage de Sivens (Tarn), où est mort Rémi Fraisse il y a une semaine. "Clairement, on a l’envie d’être une base logistique pour toutes les autres luttes", reconnaît d’ailleurs sans détours un occupant de la ZAD.

Un occupant qui, comme d’autres, envisage son avenir sur le long terme à Notre-Dame-des-Landes. "On s’est mis dans une optique que le projet d’aéroport ne se fera pas", explique ce trentenaire, aux longues dreadlocks. "On a donc envie de construire en dur – c’est pourquoi on parle de plus en plus ici de "zone d’autonomie définitive". L’idée, c’est de penser la terre en termes de communaux, de réfléchir à produire autrement."

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