A Toulouse, le rush pour acheter Charlie Hebdo a déjà commencé

FRANCE
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PRESSE – Les vendeurs de journaux toulousains ont enregistré depuis quelques jours des milliers de demandes de réservation du prochain numéro de Charlie Hebdo. Les rayons risquent d'être rapidement en rupture de stock.

Le grand rush chez les diffuseurs de presse toulousains est attendu pour ce mercredi. Le numéro de Charlie Hebdo sorti une semaine après l'attaque  qui a coûté la vie à onze membres de son équipe risque de ne pas rester très longtemps dans les rayons.

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Depuis son kiosque dans le quartier Esquirol, Christian a vu affluer des milliers de demandes depuis une semaine. " 500 par jour dont certaines de collectionneurs prêts à les vendre sur eBay, confirme-t-il. D'ailleurs j'ai stoppé les réservations dès jeudi le lendemain des événements".

"Important pour la liberté d'expression"

Venue acheter son quotidien, Marcelle ose demander à Christian si elle pourra acheter le numéro exceptionnel de l'hebdomadaire satirique. Devant la réponse négative, Marcelle fait la moue. "Je ne vais pas faire la moitié de Toulouse pour l'avoir, même si je trouve que c'est important pour la liberté d'expression".

Au Capitole, Mélina et Ludovic, deux étudiants toulousains déambulent devant la façade où fleurissent depuis presque une semaine dessins, crayons, bougies et fleurs en hommage aux victimes des attentats de Paris. Acheter Charlie Hebdo demain? "On ne va pas se lever exprès, mais s'il en reste oui", confie la jeune fille, une lectrice irrégulière de l'hebdomadaire, et qui dit regretter l'hypocrisie de "beaucoup de gens qui critiquaient le journal il y a encore une semaine".

Charlie Hebdo avait besoin des lecteurs avant le drame

Quelques rues plus loin, la maison de la presse située près du Capitole ressemble à une ruche. Ici on trouve des cartes postales, des jeux à gratter, des quotidiens y compris de l'étranger. Veste bleue sur les épaules, Liliane veille sur les rayons où sont alignées des centaines de journaux.

"C'est la première fois que je vois un tel engouement, même pour le 11 septembre cela n'avait pas autant de la folie". Avec une centaine d'exemplaires livrés de Charlie Hebdo, elle craint d'être rapidement en rupture de stock. Une situation qui laisse la professionnelle dubitative.

"C'est malheureux d'attendre un tel malheur pour acheter la presse, Charlie Hebdo avait besoin des lecteurs avant ce drame car ils étaient en grande difficulté financière. Maintenant j'espère que cette solidarité ne va pas retomber comme un soufflé d'ici quelques semaines".

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