A Toulouse, le vinyle s’offre une cure de jouvence

A Toulouse, le vinyle s’offre une cure de jouvence

France
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TENDANCE – Lassés de la musique dématérialisée, de plus en plus de Toulousains (re)découvrent le bon vieux craquement du vinyle. Pour le plus grand plaisir des disquaires.

Le vinyle a la côte dans la Ville rose. Un engouement qui a donné l’idée à la médiathèque Saint-Cyprien de lancer, mi-octobre, le prêt de vinyles. "Il y a eu pas mal de demandes en ce sens, nous avons donc décidé de lancer une expérimentation sur deux ans avec, dans un premier temps, une centaine de disques ", explique Clémence Poquet, la responsable audiovisuel de la structure. Certains jours comme le samedi, entre 10 et 15 galettes peuvent faire l'objet d'un prêt.

Une tendance qui a débuté chez les vendeurs de disques. "C’est un cadeau pour mon petit ami !" En sortant de la boutique Anthology, rue des Lois, Anaïs, 24 ans, est fière de montrer les 33 tours de BB King et d’Eric Clapton qu’elle vient d’acheter. "Il les cherchait depuis longtemps", dit-elle, ravie de son coup. Depuis quelques années, la jeune femme et son compagnon écument en effet disquaires et vide-greniers à la recherche de vinyles d’artistes qu’ils adorent.

Des grands classiques

Un engouement qui peut paraître surprenant mais qui n’étonne plus les professionnels. "Depuis 2012, il y a une vraie mode du vinyle chez les 15-25 ans, affirme Thomas de Paul Emile Vinyls. En deux ans, nos ventes ont triplé ! C’est en partie grâce aux nombreux artistes mainstream comme Arctic Monkeys ou Jack White qui ont décidé de s’y mettre."

"Aujourd’hui, tout sort en vinyle, même Marc Lavoine !", confirme Alex, vendeur au Laboratoire. Mais les grands classiques gardent la cote, surtout auprès des jeunes qui ont été biberonnés au son de Pink Floyd et Led Zeppelin et redécouvrent aujourd’hui avec plaisir la discothèque de leurs parents. "Avec mes colocataires, on écoute beaucoup de rock et de reggae", confie Léonie, 25 ans, fan du "craquement" caractéristique de la galette noire. Le côté "vintage" de l’objet plait aussi beaucoup et achève de convaincre certains jeunes de laisser tomber – du moins en partie – la musique dématérialisée.

Des vinyles dans toutes les médiathèques de la ville?

"Je continue de télécharger des morceaux récents mais dès que mon budget le permet j’achète en vinyle du rock, du blues et du jazz des années 50, 60, 70", affirme Anaïs, qui se dit chanceuse d’habiter dans la ville française qui compte le plus de disquaires par habitant. Toulouse peut aussi s’enorgueillir de compter dans ses rangs pas mal de DJs "puristes" qui continuent à mixer sur vinyles dans les bars de la ville.

Du côté de la mairie, on surveille avec attention le concept développé à Saint Cyprien. "Si cela fonctionne, pourquoi ne pas étendre le concept aux trois autres grandes médiathèques de la ville ?", avance d’ores et déjà Sophia Belkacem, conseillère municipale aux bibliothèques et médiathèques. Le principe a déjà convaincu l’un des habitués, Carlos, originaire du Cap-Vert et Toulousain d’adoption, qui ne regrette qu’une chose : "Ils ne proposent pas encore de reggae ou de musique cap-verdienne, c’est dommage !"

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