Admission post-bac : les filières où ça fonctionne... et celles où c'est la loterie

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UNIVERSITÉ - Alors que le système d'admission post-bac (APB) est vilipendé de toutes parts, la Cour des comptes pointe du doigt l'incohérence des conditions d'accès à la licence : mieux vaut avoir bien choisi sa filière pour avoir une chance d'être pris sans stress.

En principe, l'université est une filière non selective : en clair, un lycéen qui demande son admission en licence à l'université est censé obtenir satisfaction. Néanmoins, à la vue du nombre des demandes pour certaines facultés, de nombreuses licences n'ont pas assez de places pour accueillir favorablement toutes les demandes d'admission. Et c'est là que le bât blesse. Le système APB devrait pallier ce genre de difficultés, mais avec la hausse des effectifs étudiants, le dispositif a montré ses limites, comme le souligne la Cour des comptes dans un rapport publié ce jeudi. 

Les filières où ça marche

En fait, l'institution de la rue Cambon explique dans son rapport que "l'algorithme d'affectation APB optimise le processus pour les formations sélectives. En clair, APB est efficace pour les classes préparatoires aux grandes écoles, les IUT, STS, écoles d’ingénieurs ou encore les écoles de commerce. Le système s’appuyant sur le classement des candidatures réalisé en amont par les établissements.

A la fac, mieux vaut bien choisir sa filière pour éviter la loterie

Mais "la difficulté majeure d’APB réside dans la nécessité d’opérer un classement des candidatures pour les licences universitaires, censées être non sélectives", note la Cour des comptes. Pour ces filières, le système APB utilise en effet un second algorithme, dit de classement, qui opère une sélection entre les candidatures, en fonction de critères qui lui ont été assignés par le ministère (origine académique, ordre du voeu, etc.). Pour au final, avoir recours dans certains cas à un tirage au sort. "Or, non seulement les critères pris en compte par cet algorithme sont peu ou mal connus des candidats mais en plus, ils ne correspondent pas exactement aux dispositions du code de l’éducation", relève l'institution. 


Le tableau ci dessous montre les disparités très fortes à l'accès à la licence selon la filière choisie : pour les sciences politiques ou les sections information et communication, seuls 47% et 61% des élèves obtiennent respectivement cette filiière s'il s'agissait de leur premier voeu. En revanche, ce taux flirte avec les 95% en langues ou en sciences de la vie et de la Terre. 

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Cette question est devenue encore plus critique compte tenu de l’augmentation progressive du nombre de bacheliers et du manque de places dans certaines licences. Si certaines formations, comme les sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS), avaient déjà recours au tirage au sort depuis plusieurs années pour sélectionner les candidats, ce système s’étend désormais à de nouvelles formations, comme la psychologie. 


Or, pour la Cour des comptes, le ministère de l'enseignement supérieur n’a pas pris les bonnes décisions. Il s’est juste contenté de diffuser une circulaire publiée au bulletin officiel en avril 2017. "Pas suffisant", a tranché le tribunal administratif de Bordeaux saisi par trois étudiants écartés de Staps par tirage au sort. Dans un jugement en référé du 21 septembre 2017, le tribunal a en effet estimé que la publication de cette circulaire ne suffisait pas à fonder juridiquement le tirage au sort.

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