Affaire du stade Pierre-Mauroy de Lille : la croisade d'Eric Darques

FRANCE

JUSTICE – Expert en lutte contre la corruption politique, cet ancien élu de Lambersart a fait appel de la décision d'une juge lilloise de prescrire une plainte pour "faux en écriture" dans l'attribution de ce marché public. Il a également déposé une nouvelle plainte pour "favoritisme dans le cadre de l’attribution du marché". La chambre d’instruction de Douai doit statuer prochainement.

Il a décidé d'aller jusqu'au bout dans l'affaire de l'attribution du stade Pierre-Mauroy. Le 8 août dernier, la juge lilloise en charge du dossier sur un supposé "faux en écriture" a conclu à la prescription des faits. Mais pas question d'abdiquer pour Eric Darques, ancien élu de droite à Lambersart et responsable de l'association Anticor (qui lutte contre la corruption politique) . Celui-ci a fait appel de cette décision auprès de la chambre d’instruction de Douai, qui doit désormais statuer.

Sa plainte pour "faux en écriture" pointe un tour de passe-passe, qui a eu lieu en janvier 2008. Un rapport soumis au vote des élus Lille Métropole rendait Norpac favori pour décrocher le marché public du stade. Or, une semaine après, un nouveau rapport mettait Eiffage en tête de la liste des candidats, alors que son projet présentait un surcoût de 108,5 millions d'euros.

Deux fonctionnaires mis en examen

En juin dernier, ce sont deux fonctionnaires de Lille Métropole qui ont été mis en examen pour "faux et usage de faux". Puis, ce fut au tour de Michelle Demessine, vice-présidente en charge du dossier en 2008, d'être placée sous le régime de témoin assisté. Enfin, un rapport de la brigade criminelle rendu en 2013 a été dévoilé. Celui-ci évoquait également l'utilité d'entendre Martine Aubry, présidente de Lille Métropole à cette époque.

Eric Darques rappelle que le délai de prescription est de dix ans, et non trois, dans le cadre d'un "faux en écriture publique". Et de souligner que cette décision de prescription a été prise au moment où les noms des deux élues ont commencé à filtrer. Le chevalier blanc anti-corruption persiste et signe avec une nouvelle plainte déposée le 13 août cette fois pour "pour favoritisme dans le cadre de l’attribution du marché". "Derrière ces fonctionnaires, il y a forcément des élus et, donc, des soupçons de corruption, déclare-t-il. Ces fonctionnaires ne doivent pas porter le chapeau. J’irai au bout de ce dossier."

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