Affaire Laëtitia : le père de la famille d'accueil à son tour devant les jurés

Affaire Laëtitia : le père de la famille d'accueil à son tour devant les jurés

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JUSTICE – Gilles Patron, le père de la famille d’accueil de Laëtitia Perrais est jugé à partir de demain mardi pour "viols" sur sa sœur jumelle Jessica et "agressions sexuelles" sur quatre autres adolescents. Le procès qui se tient aux Assises de Nantes dure jusqu'au 28 mars.

Retour au Palais de justice pour Gilles Patron. A partir de mardi, et jusqu’au 28 mars, le père de la famille d’accueil de Laëtitia Perrais – tuée et découpée par Tony Meilhon en janvier 2011 – va être jugé par la cour d’assises de Loire-Atlantique pour des "viols" commis sur sa sœur jumelle Jessica et des "agressions sexuelles" sur quatre autres adolescents, entre 2003 et août 2011. Trois d’entre eux – dont un garçon – étaient placés chez lui par les services sociaux, tandis que la quatrième est une amie de Jessica. Une sixième jeune fille viendra à la barre comme témoin, mais n’entend pas se constituer partie civile.

Cet ancien assistant familial de 64 ans – remis en liberté sous contrôle judiciaire après huit mois de détention provisoire – s’était fait connaître en réclamant des "sanctions exemplaires" contre Tony Meilhon, devant micros et caméras. Avec son épouse, il avait également été reçu par Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Le président de la République avait alors promis des "sanctions" contre les agents qui, faute de moyens humains, avaient permis la remise en liberté de Tony Meilhon sans réel suivi sociojudiciaire après un délit mineur…

Des relations "consenties" avec Jessica après ses 18 ans

Aujourd’hui, Gilles Patron admet simplement avoir eu des relations sexuelles consenties avec Jessica après ses 18 ans. Il réfute tout le reste en bloc. Lors du procès de Tony Meilhon, où il intervenait comme victime, le sexagénaire s’était défendu de toute agression sexuelle sur Laëtitia, qui se serait pourtant confiée à une amie. "Jamais je n’ai touché à un cheveu de Laëtitia, je peux le jurer sur la tête de mes petits-enfants", avait-il solennellement déclamé. "Je crois qu’il faut laisser vos petits-enfants en dehors de tout cela", lui avait répliqué le président de la cour d’assises.

"Jusque-là, la perversité de la défense de Gilles Patron a été très toxique pour Jessica", confie son avocate Cécile de Oliveira. "Elle redoute beaucoup la rencontre avec Gilles Patron, mais aussi avec sa famille, qui est très solidaire autour de lui… Ils le croient et considèrent que Jessica est une manipulatrice et une menteuse. Pour elle, c’est très douloureux."

Une première plainte classée sans suite

Le père des jumelles, Franck Perrais, est lui aussi "totalement dévasté" par ce qui arrive à Jessica. "Dans sa vie, les choses s’accumulent : c’est une nouvelle étape d’une saga judiciaire dans laquelle il est englué", soupire son avocat, Benoît Poquet. "Sa vie est déchirée par tous ces procès." Franck Perrais s’interroge aussi sur l’attitude des services sociaux du département, alors qu’une adolescente avait déjà porté plainte contre Gilles Patron en 2010 pour lui avoir caressé sa poitrine par-dessus ses vêtements. A l’époque, les faits avaient été niés de façon véhémente par l’intéressé. Même Jessica avait affirmé ne pas en avoir été victime.

"Il ne faut pas tomber dans le manichéisme : les enfants n’étaient pas malheureux chez Gilles Patron, qui devait être sympathique pour arriver à ses fins…", souligne une source proche du dossier. "Ils étaient d’ailleurs prisonniers de cela : ces enfants placés par les services sociaux vivaient dans une certaine sécurité, qu’ils ne connaissaient pas dans leur famille biologique. Dénoncer les faits revenait pour eux à mettre un terme à cette sécurité, et donc repartir dans une forme d’errance."

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