Afghanistan : Sarkozy accélère le retrait des combattants français, tous rapatriés d'ici fin 2013

Afghanistan : Sarkozy accélère le retrait des combattants français, tous rapatriés d'ici fin 2013

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En accord a-t-il assuré, avec son homologue afghan et la coalition, le chef de l'Etat a décidé d'avancer d'un an le retour des combattants français engagés en Afghanistan.

Comme il en avait évoqué l'éventualité, il y a une semaine, après la dernière attaque meurtrière contre les forces françaises en Afghanistan, Nicolas Sarkozy a annoncé l'accélération du retrait du contingent déployé sur ce théâtre d'opérations, qui devrait s'achever, non plus d'ici fin 2014, comme prévu suivant l'échéancier de l'Otan, mais un an plus tôt.

Un retrait "organisé et raisonnable" d'ici fin 2013

Le président de la République a fait cette annonce, le vendredi 27 janvier, lors d'une brève déclaration à la presse, à la suite d'un entretien à l'Elysée avec son homologue afghan Hamid Karzaï, en visite éclair à Paris, pour discuter de la situation dans son pays et apporter des assurances quant aux mesures prises pour assurer la sécurité des Français.

Nicolas Sarkozy a indiqué que la France, dont le gros des forces est déployé dans la Kapisa, au nord-est de Kaboul, doit commencer à transférer la responsabilité de la sécurité dans cette province à l'armée afghane, "à partir de mars 2012".

Une décision concertée ?

"La poursuite de la transition et ce transfert graduel des responsabilités de combat permettront de planifier le retour de la totalité de nos forces combattantes dès la fin de l'année 2013", a indiqué  le chef de l'Etat, soulignant que "cette décision a été prise "en accord avec le président Karzaï et en accord avec nos alliés". "D'une façon organisée et raisonnable me semble-t-il", a-t-il ajouté.

Selon le nouveau calendrier de retrait des quelque 3.600 soldats français encore présents sur le sol afghan, il n'est plus question de rapatrier 600 militaires en 2012, comme précédemment envisagé, mais un millier. Depuis l'annonce du retrait, l'été dernier, quatre cents hommes sont déjà rentrés.

Nicolas Sarkozy a par ailleurs annoncé que Paris va "demander à l'Otan une réflexion sur une totale prise en charge des missions de combat de l'Otan par l'armée afghane au cours de l'année 2013". On imagine qu'il évoquera la question avec Barack Obama, avec qui il a précisé devoir s'entretenir samedi au téléphone.

"Quelques centaines" d'instructeurs resteront après 2013

Enfin, le chef de l'Etat a indiqué que l'armée française allait reprendre "dès demain", ses missions de formation des forces afghanes. Elles avaient été interrompues il y a une semaine, après qu'un soldat afghan avait ouvert le feu sur un groupe d'instructeurs français en train de faire un jogging dans leur base, tuant quatre d'entre eux et en blessant quinze, dont certains très grièvement.

L'ensemble des forces combattantes françaises doivent donc quitter l'Afghanistan sous deux ans, en revanche en vertu du "traité d'amitié et de coopération" conclu ce vendredi à l'Elysée, un effectif "résiduel" restera sur place pour poursuivre la formation de l'armée afghane, a précisé M. Sarkozy, évoquant au plus "quelques petites centaines d'hommes".

Entre "retrait ordonné" et "retraite précipitée"

Vendredi dernier, présentant ses voeux aux ambassadeurs étrangers, le président de la République avait mis en garde : "Si les conditions de sécurité ne sont pas clairement établies, alors se posera la question d'un retour anticipé de l'armée française". Cette déclaration avait soulevé des inquiétudes chez des alliés de Paris, en particulier Washington, et au sein même de l'état-major français, des officiers avaient mis en garde à demi-mot contre le risque d'un retrait précipité des troupes.

Depuis, mardi à l'Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé appelant "au sang froid" avait insisté sur la différence entre "retrait ordonné" et "retraite précipitée", et le lendemain, devant les cercueils des soldats tués, le président avait assuré qu'il ne se laisserait "pas impressionner".

Une décision sur fond d'élection...

A trois mois de la présidentielle, M. Sarkozy, qui devrait incessamment se déclarer candidat à sa propre succession, a donc finalement décidé de bousculer le calendrier. Anticipant sans doute de nouvelles critiques sur ce revirement, jugé électoraliste par une partie de l'opposition, le chef de l'état a assuré : "C'est parce que nos soldats ont fait un travail remarquable que nous pouvons passer le relais à nos amis afghans, nous n'avons pas attendu la tragédie de ces jours derniers pour décider cela".

Son principal rival dans la course à l'Elysée, François Hollande, actuellement donné vainqueur par les sondages, estime lui aussi que "notre mission est terminée", mais il plaide pour un échéancier encore plus resserré. Le candidat du PS souhaite en effet un retrait complet d'Afghanistan dès la fin de l'année.

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