Agression d'un couple par des skins : cinq ans requis en appel

Agression d'un couple par des skins : cinq ans requis en appel

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JUSTICE - Ce mardi, le ministère public a requis confirmation de la peine de 5 ans de prison à l'encontre de deux skinheads jugés en appel à Lyon pour avoir passé à tabac un jeune couple à Villeurbanne (Rhône) en 2011, au seul motif d'une appartenance à l'extrême gauche. La décision a été mise en délibéré.

La cour a mis sa décision en délibéré au 17 mars. Ce mardi, le ministère public a en tout cas requis confirmation de la peine de 5 ans de prison à l'encontre de deux skinheads jugés en appel à Lyon pour avoir passé à tabac un jeune couple à Villeurbanne (Rhône) en 2011 , au seul motif d'une appartenance à l'extrême gauche.

"Vous ne pouvez que confirmer le jugement de culpabilité et la peine" prononcée en première instance, a déclaré l'avocate générale Alexandrine Lenoir, dénonçant une "violence d'une rare sauvagerie" mue par une "haine envers l'autre qui peut penser différemment".

"Indélébile pour toute leur vie"

Le 4 novembre dernier, le tribunal correctionnel de Lyon avait infligé cinq ans ferme , avec mandat de dépôt à l'audience, à l'encontre des deux prévenus de 24 et 25 ans pour "violences aggravées en état de récidive et port d'armes prohibées". Six autres coprévenus avaient écopé de peines moindres, allant de trois ans ferme à 12 mois avec sursis, notamment pour non assistance à personnes en danger.

Le 15 janvier 2011, peu avant minuit, Anne-Cécile et son compagnon Léo avaient été violemment agressés à coups de battes de base-ball alors qu'ils rentraient d'un concert donné dans une salle fréquentée notamment par des sympathisants libertaires. Durant ces "40 secondes de passage à tabac (...) ils ont eu peur de mourir, c'est indélébile pour toute leur vie", a lancé Mme Lenoir évoquant "les coups de pied, de ceinturon et de battes de base-ball" assenés à ce couple, "qui passait par hasard" sur ce parking de supermarché.

"Aucun élément à charge sérieux"

"C'était prémédité, on avait l'intention d'en découdre, on est parti avec des armes", a-t-elle ajouté. Reconnaissant avoir été présents mais niant toute participation à cette agression,les accusés, de multiples fois condamnés pour violences, avaient fait appel de ce jugement, de même que les parties civiles et le ministère public. "J'ai presque tout vu, mais je n'ai pas participé", a assuré l'un d'eux, nettement moins arrogant qu'en première instance.

"Quand ça s'est passé, j'ai paniqué et je suis monté dans mon véhicule", assure pour sa part le deuxième accusé. "Je vous en conjure ne bâtissez pas un scénario, car quand on le fait, ça s'appelle une erreur judiciaire", a plaidé Me Pierre-Marie Bonneau, son avocat.
"L'extrême droite à Lyon commence à faire peur aux gens", a dénoncé quant à lui l'avocat des parties civiles, Me Bertrand Sayn, évoquant le "massacre" de ses clients, qui ont gardé de graves séquelles. Mais pour la défense, l'accusation ne repose sur "aucun élément à charge sérieux."

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