Agression homophobe à Lille : "A la prochaine station, je vous défonce"

Agression homophobe à Lille : "A la prochaine station, je vous défonce"

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FAIT DIVERS – Après l'agression lundi soir dans le métro de Lille par cinq individus contre un couple de jeunes gay, l'un des deux victimes s'exprime dans La Voix du Nord. Un jeune migrant isolé a été placé sous le statut de témoin assisté. Ses quatre complices sont toujours recherchés.

Une agression traumatisante. Ce lundi soir, deux étudiants ont été la cible d'une agression à caractère homophobe dans le métro lillois. Cinq mineurs étrangers isolés les ont insultés et tabassés. Deux d'entre eux ont été placés en garde à vue : l'un a été relâché et l'autre a été placé sous le statut de témoin assisté.

Tout commence à 20h30 sur le quai du métro à Lille-Flandre. Les deux jeunes se tiennent parfois par la main. Ivre, un individu les repère, les interpelle en évoquant le mariage pour tous, puis en proférant des propos à caractère sexuel. "Il essayait de nous ridiculiser en public, des gens rigolaient", témoigne Grégory (prénom modifié), 18 ans, dans La Voix du Nord

Quatre autres individus se joignent au harcèlement cette fois dans la rame. L'un d’eux lance un coup de pied dans le dos de Grégory. Pierre (prénom modifié) prend alors sa défense : "Il a dit : Va rejoindre ta meuf ! Pierre lui a répondu : C’est mon copain. Le gars a dit : Sale pédé. Oui, je suis gay, et alors ?, a dit Pierre". L’agresseur se fait alors menaçant : "À la prochaine station, je vous défonce !".

Coups de pied et de poing

L'agression verbale se poursuit jusqu'à la station Saint-Maurice, où le couple descend. Trois agresseurs font tomber au sol Pierre et le frappent à coups de pied et de poing. Des paroles du coran sont alors proférées. A l'intérieur de la rame, Grégory est lui aussi attaqué au niveau du cou. Il réussit tout de même à appuyer sur l'alarme.

Deux médiateurs interviennent et les agresseurs prennent la fuite dans la rame. Très choqués, les deux étudiants sont aussitôt hospitalisés. "Aujourd’hui, certains comprennent mieux les choix de chacun, mais pour d’autres, l ’homosexualité est plus difficile à accepter , raconte Grégory. C’est une question d’éducation, de religion, et de politique parfois. Pour moi, quand on aime quelqu’un, c’est pour ce qu’il est en tant qu’être humain, quel que soit le sexe."  Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Lille pour permettre de retrouver les quatre jeunes hommes en fuite et de "déterminer la participation de chacun."

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