Agression homophobe à Lille : la communauté gay choquée

Agression homophobe à Lille : la communauté gay choquée

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SOCIETE – Après l’agression du bar gay le Vice Versa en avril 2013, c’est cette fois un couple d’étudiants qui a été agressé, ce lundi soir dans le métro, car ils se tenaient par la main. Les associations gays lilloises montent au créneau pour casser les préjugés. Rencontre.

La communauté homosexuelle est encore sous le choc. La violente agression verbale et physique de deux étudiants, ce lundi soir, dans le métro par cinq individus, a marqué les esprits. Leur seul tort : se tenir par la main. Si deux des agresseurs ont été placés en garde à vue, les associations n’ont pas oublié l’attaque survenue dans le bar gay le Vice et Versa, en avril 2013, en marge d’une manifestation contre le mariage pour tous.

Officiellement, les pouvoirs publics ne recensent pas les actes homophobes. Mais, selon SOS Homophobie, le Nord a enregistré en 2011 et en 2012 plus de trente plaintes auprès de l'association. Le département se positionne en troisième position au niveau nationale des signalements d'actes homophobes. "Les langues se délient et les procureurs prennent de plus en plus la décision de qualifier ces délits en circonstance aggravante", se félicite Ludovic Saulnier, délégué régional.

Les extrémismes religieux attisés

Selon lui, Lille reste toutefois une ville plus "tolérante" que d’autres de la même taille. "Globalement, il n’y a pas eu dernièrement d’affaires aussi violentes que ces deux-là, même s’il y a régulièrement des insultes sur les lieux de drague", ajoute-t-il.

Toutefois, selon Franck Danvers, président de la Lesbian & Gay Pride de Lille, le mouvement contre le mariage pour tous a attisé les extrémismes religieux. "Les agresseurs du métro ont cité le Coran tout en frappant les deux jeunes", dénonce-t-il. Alors, pour faire bouger les choses, des militants du collectif des Flamands Roses seront ce vendredi dans le métro de Lille pour distribuer des tracts et ouvrir le dialogue avec le public. "La parole est importante, observe Nin, membre de l’association lilloise. Il faut continuer à se mobiliser pour ne plus avoir peur d’être visible dans des lieux publics."
 

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