Aides régionales menacées : quel avenir pour le cinéma rhônalpin ?

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CULTURE – Le tribunal administratif de Lyon vient d’annuler la délibération du Conseil régional Rhône-Alpes qui renouvelait la convention liant la Région à Rhône-Alpes Cinéma, une structure de coproduction privée. Jean-Jack Queyranne s'en émeut, tandis que les écologistes demandent la mise en place d'un établissement public à caractère culturel.

Alors que s'ouvre ce mercredi la 67ème édition du Festival de Cannes , une partie du cinéma régional fait la moue. Le tribunal administratif de Lyon, saisi par l'élu écologiste Etienne Tête, vient en effet d'annuler la délibération de la Région Rhône-Alpes qui renouvelait la convention entre la Région à Rhône-Alpes Cinéma , structure privée de coproduction qu'elle finance à hauteur de deux millions d'euros par an. Pour motiver sa décision, la justice fait notamment valoir qu'il n'a pas été démontré que ce système d'aides est validé par la commission européenne.

"Nous plaidons l'exception culturelle, explique à metronews Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional de Rhône-Alpes. Car si la culture est une industrie, c'est d'abord une industrie artistique. Je ne comprends pas la démarche des Verts, car elle pourrait avoir pour conséquence d'arrêter la coproduction de films qui donnent de la visibilité au territoire.

Les Verts veulent une structure publique

Et quand il y a un euro de donné à Rhône-Alpes Cinéma, l'économie rhônalpine en récupère quatre grâce aux tournages qui se déroulent ici (hôtels, emplois de techniciens et d'artistes, frais divers…).Ce modèle économique de financement septième art a fait ses preuves : 220 films ont été réalisés dans la région depuis plus de vingt ans et deux films coproduits par Rhône-Alpes Cinéma seront présentés au Festival de Cannes cette année."

De leur côté, les écologistes affirment qu'il "n'est absolument pas question de remettre en cause les aides régionales au cinéma." "Rhône-Alpes Cinéma est un outil privé, une société commerciale avec des actionnaires, nous indique Etienne Tête. Nous souhaitons que cela devienne un établissement public à caractère culturel, comme c'est le cas dans les autres régions françaises. Cela permettrait une meilleure transparence, de mieux contrôler la qualité des films coproduits et éviterait le copinage et le clientélisme." La Région et le Centre national du cinéma (CNC) sont actuellement en relation pour analyser cette décision de justice.
 

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