Aix : la psychiatre d'un meurtrier jugée en appel

Aix : la psychiatre d'un meurtrier jugée en appel

DirectLCI
JUSTICE - Après un assassinat commis par un de ses patients, une psychiatre marseillaise avait écopé fin 2012 d’un an de prison avec sursis. Sa prise en charge du malade mental lui avait été reprochée par le tribunal correctionnel de Marseille. Son procès en appel s’ouvre ce lundi.

Sa fugue s’était terminée à Gap dans un bain de sang . Vingt jours après s’être soustrait aux soins de l’hôpital psychiatrique Edouard-Toulouse, à Marseille, Joël Gaillard tuait un homme à coups de hachette. Sa victime, Germain Trabuc, 83 ans, était le compagnon de sa grand-mère. Sa psychiatre pouvait-elle être reconnue responsable de cette cavale sauvage ? En première instance, le tribunal de Marseille avait répondu par l’affirmative en condamnant le docteur Danièle Canarelli à un an de prison avec sursis.

Le procès en appel de la psychiatre s’ouvre ce lundi à Aix-en-Provence . Un des fils de la victime, Michel Trabuc, est à l'origine de l'action judiciaire contre la praticienne. "J’ai mené ce combat pour la mémoire de mon père, parce qu’un non-lieu ne me satisfaisait pas du tout", exprime ce dernier, faisant référence à l'irresponsabilité pénale de Joël Gaillard.

Une "succession d’échecs" dans le parcours médical

La prise en charge thérapeutique de la psychiatre pose question. Joël Gaillard était soigné à Edouard-Toulouse dans le cadre d’une hospitalisation d’office. Un séjour sous contrainte consécutif à plusieurs faits de violences inquiétants, avec en point d’orgue une tentative d’assassinat. Pourtant, la psychiatre, évoquant une "énigme" quant au profil du jeune homme, va lui accorder le bénéfice du doute. Joël Gaillard bénéficiera ainsi d’une autorisation de sortie.

Hélas, lors d’une consultation dans le cadre de son congé d’essai, le patient repart dans un état anormal, laissant penser à une rupture de traitement. Dernier acte "d’un parcours médical marqué d’une succession d’échecs", selon les conclusions du tribunal correctionnel de Marseille. Le jugement en première instance avait provoqué une vague d’émotion parmi les professionnels de la psychiatrie venus nombreux pour soutenir la praticienne.
 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter