Algériens de Marseille : comme un sentiment "de divorce avec le pays"

Algériens de Marseille : comme un sentiment "de divorce avec le pays"

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REPORTAGE – Au cœur du quartier populaire de Noailles, où vit une importante communauté algérienne à Marseille, les élections sont dans tous les esprits mais ne soulèvent pas les foules.

Thé à la menthe à la main, Kabouche lève son verre pour la victoire promise à Bouteflika . "Vous verrez, il va gagner au 1er tour. C’est notre président, c’est lui qu’il nous faut !", dit-il en prenant à témoin une petite assemblée d’hommes dans un bar de Noailles.

Ce quartier populaire de Marseille concentre une importante communauté algérienne. Mais entre les étals du marché, très fréquenté en cette fin de journée, pas de signes extérieurs d’élections. Les débats, discrets, se font sans passion autour des tables de café.

Un sentiment d'éloignement

"Tout le monde y pense, explique toutefois Abdel, 35 ans, entouré de ses amis. Avec Internet, on peut suivre ce qui se passe tous les jours". Le jeune homme marque une pause avant de reconnaître : "C’est dur de se sentir vraiment concernés, car on est loin".

Appelé à voter à Marseille depuis samedi dernier, comme 80 000 autres Algériens du département, ce commercial affirme avoir "fait son devoir de citoyen". Mais il ne se fait guère d’illusion sur le résultat du scrutin. "J’espère qu’il y aura un second tour, ça fera un peu plus démocrate", lâche-t-il en souriant.

La crainte des violences

Les élections en Algérie, Youcef, lui, préfère ne pas en parler. "Je suis déconnecté de tout ça", balaie-t-il, la mine grave. "J’aimerais vous en dire plus, mais que voulez-vous, rien ne change. Sur place, ils s’en désintéressent, alors imaginez pour nous. C’est comme un divorce avec le pays".

"Le scénario est déjà écrit", appuie à la même table Kamo. "Et puis, même si c’est Benfils (le principal concurrent de Bouteflika, ndlr), ça sera la même chose. On souhaite juste qu’il n’y ait pas de heurts". Des agitations redoutées par la communauté algérienne de Marseille, notamment par Kamel dans sa petite épicerie. "On pense avant tout à la famille. Même si on est loin, on ne veut pas qu’ils revivent les horreurs du passé".
 

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