Alpes-Maritimes : le département tente de détecter les djihadistes en herbe

Alpes-Maritimes : le département tente de détecter les djihadistes en herbe

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SOCIETE - Une centaine d'agents du Conseil général des Alpes-Maritimes travaillant dans les domaines de la protection de l'enfance ou l'éducation participent ce jeudi à une journée de conférences pour apprendre à détecter et réagir face à un jeune en voie de radicalisation islamiste.

"Ce matin même, la maman d'une adolescente de 16 ans est venue nous confier ses inquiétudes : sa fille s'éloigne de ses amis, n'a plus la même tenue vestimentaire, refuse de participer aux cours de sports... Dans ce type de cas tout est possible, y compris un départ en Syrie" affirme Philippe Bailbé. Le directeur général adjoint du Conseil général des Alpes-Maritimes, en charge des politiques sociales, a ouvert ce jeudi matin une conférence sur la prévention et le repérage des risques de radicalisation des jeunes. Une initiative du Département présidé par Eric Ciotti, par ailleurs député à la tête de la commission d'enquête parlementaire sur la surveillance des filières djihadistes, pour former ses agents de la protection de l'enfance ou de l'éducation, en première ligne pour détecter et réagir face à un jeune potentiellement "en voie de radicalisation islamiste".

"Internet n'est pas responsable de la radicalisation"

Des cas comme celui de cette lycéenne, le Conseil général en aurait identifié douze ces deux derniers mois. "Il y a une accélération du nombre de signalements, liée notamment à la préoccupation des familles", développe Philippe Bailbé. "Oui, souvent les parents inquiets appellent au secours, mais parfois ce sont eux-mêmes qui sont en voie de radicalisation, tempère le commissaire Jean-Paul Ducatel, chef du service départemental de Renseignement territorial (ex-RG), rappelant le cas des onze Niçois, dont quatre enfants, membres d'une même famille, partis probablement faire le Djihad . Ce qui est certain, c'est que contrairement à une idée reçue, "ce n'est pas internet qui est responsable de la radicalisation de certains, mais des 'individus toxiques', y compris au sein de la cellule familiale" confirme le psychanalyste Patrick Amoyel .

En quelques mois, 110 personnes vivant dans les Alpes-Maritimes seraient partis aire le djihad, "les premiers dès l'automne 2013" selon le commissaire Jean-Paul Ducatel. "C'est une préoccupation forte pour le Conseil général" conclut son directeur général adjoint. Outre la prévention, le Département annonce qu'il "entend éviter que des prestations sociales ne servent à financer les entreprises terroristes. Il suspendra leur versement s'il y a une présomption suffisamment sérieuse que le bénéficiaire ait quitté le territoire national pour participer à des actions terroristes ou soutenir l'embrigadement."

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