Altercation mortelle à Pau : le fugitif recherché par Interpol

FRANCE
JUSTICE - Le chef d’entreprise soupçonné d’avoir tué un jeune automobiliste par arme blanche, jeudi dernier, à Pau, fait désormais l’objet d’une notice rouge Interpol. Le père de famille de 57 ans pourrait avoir organisé sa cavale à l’étranger.

La traque pour retrouver le meurtrier présumé de Baptiste S., un jeune automobiliste tué par arme blanche la semaine dernière à Pau, s’intensifie. Après un mandat d’arrêt européen lancé à son encontre samedi, le fugitif fait désormais l’objet d’une fiche rouge via Interpol. La direction interrégionale de la police judiciaire de Bordeaux a par ailleurs été saisie. "De nombreux policiers sont désormais déployés pour l’arrêter, explique à LCI le vice-procureur de la République à Pau, Sébastien Ellul. La zone de recherches a été étendue dans l’hypothèse où il quitterait l’espace Schengen. Ce qui ne semble pas impossible au regard des résolutions qui semblent désormais les siennes d’échapper à la justice." 

"Il n'est pas décidé à se rendre"Sébastien Ellul, vice-procureur

Car jusque-là, le profil de ce père de famille de 57 ans, inconnu des services de police et décrit comme un homme "jovial" et "non violent", laissait penser qu’il finirait par recouvrir la raison et se rendre à la police "pour assumer ses responsabilités". Un espoir s’amenuisant au fil des jours qui s'écoulent depuis son geste fou. Le jeudi 25 août, vers 22 heures, ce chef d’entreprise du BTP est à bord de sa Citroën C5 break sur l’avenue Mermoz à Pau. Devant lui, un automobiliste de 29 ans, Baptiste S., originaire de Dax, circule avec sa compagne et leurs deux enfants. Visiblement perdu, ce dernier s'arrête sur la voie publique et demande son chemin à un passant. Le quinquagénaire derrière s'impatiente. Un peu plus loin, les deux voitures se retrouvent côte à côte au feu rouge. Le drame se noue alors en quelques secondes. Baptiste S. "invective" l’automobiliste qui l'aurait suivi d'un peu trop près, sort de sa voiture et tape sur la carrosserie de ce dernier, déroule le parquet qui s'appuie sur le récit des témoins. Sans un mot, le chef d'entreprise sort de sa Citroën et lui plante un coup de couteau. La lame perfore le cœur du jeune homme qui s’effondre sous les yeux de sa famille. Il décède moins d'une heure plus tard. 

Complicités possibles

Le meurtrier présumé a fui, son téléphone est éteint et selon des sources proches du dossier, il pourrait avoir pris la direction du Portugal où vivraient des membres de sa belle-famille. Ses proches ont assuré aux enquêteurs qu’ils ne l’avaient pas revu depuis cette soirée tragique. 


"On peut imaginer que pour organiser une telle fuite, il ait pu bénéficier de complicités", commente le vice-procureur. L’information judiciaire ouverte pour meurtre a d’ailleurs été élargie au "recel de malfaiteurs".  "Nous avons toujours espoir que sa lucidité l’amène à se rendre aux autorités judiciaires, ce qui serait le plus sage, cette fuite ne faisant qu’aggraver sa situation. Mais force est de constater qu'il n'est pas décidé à se rendre. Il semble avoir fait le choix d'une vie de fugitif", poursuit le magistrat qui prévient : "compte tenu des investigations et des moyens déployés, sa cavale va devenir difficilement tenable". 


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