Apologie du terrorisme : à Nantes, des premières peines plutôt légères

Apologie du terrorisme : à Nantes, des premières peines plutôt légères

JUSTICE - Six personnes sont poursuivies pour apologie du terrorisme, à Nantes, depuis les attentats perpétrés contre Charlie Hebdo. Deux personnes ont déjà été relaxées, d’autres décisions doivent tomber.

Réactivité, fermeté. Depuis le début de la semaine, trois personnes sont passées en comparution immédiate à Nantes, accusés d’apologie du terrorisme, après les attentats qui ont touché Paris. En tout, pour l’instant, six hommes et femmes sont ou ont été poursuivis pour ce motif.

Lundi, deux prévenus ont été relaxés. Ils avaient été arrêtés le week-end précédent. Le premier, un habitant de Rezé âgé de 22 ans, avait été interpellé dimanche à 3 heures du matin, alors qu’il tentait de voler un vélo devant le CHU. Ivre, il avait crié aux policiers : "Je vais chercher mes amis jihadistes et ils vont te faire exploser." Lundi à la barre, il explique avoir dit ces phrases "parce que c'est la première chose qui m'est passée par la tête, parce qu'on en parle tout le temps en ce moment", d’après Ouest-France . Il avait été relaxé.

EN SAVOIR + >> Au coeur d'un procès pour apologie du terrorisme

L'appel d'une relaxe

Un autre homme, un sans-abri âgé de 46 ans, avait lui aussi beaucoup bu, samedi, alors qu’il traversait la place du Commerce. Mais vers 17 heures, les forces de l’ordre avaient mis en place un périmètre de sécurité, à cause d’un colis suspect. Bloqué par un policier qui l’empêchait de passer, il avait asséné : "La première chose que je ferais si j'avais une arme, ça serait de vous mettre une balle en pleine tête", puis : "Vu le boulot que vous faites, c'est normal qu'Al Qaïda vous défonce."

Au tribunal, l’homme s’est confondu en excuses, disant "avoir honte", et ne pas se souvenir de tout. Le ministère public avait requis quatre à six mois de prison avec sursis, mais l’homme a finalement été relaxé pour l’apologie de terrorisme. Mais il a écopé de deux mois avec sursis pour menaces de mort et outrages. Finalement, mercredi, le parquet a annoncé qu’il faisait appel de cette relaxe.


Action, réaction

Dernier en date, un homme de 28 ans, détenu, comparaissait mercredi pour avoir dit à la maison d’arrêt de Nantes à un surveillant : " On est tous des Coulibaly , on est tous des Kouachi". La décision a été mise en délibéré au 4 février.

En ce moment, la Justice se veut particulièrement réactive, pour ces faits et phrases aussi divers que variés qui ont suivi l’attentat contre Charlie Hebdo une adolescente de 14 ans a ainsi été arrêtée dans le tramway pour avoir crié : "On est les soeurs Kouachi, on va chercher les kalachnikovs !" Un jeune garçon est lui accusé d’avoir posté sur Facebook un dessin humoristique faisant l’apologie du terrorisme… La volonté est marquée de la part des forces de l'ordre d’être réactif et ferme, afin d’éviter la multiplication de ces actes.

Résister à l'injonction de la répression immédiate

Mais les peines assenées pour "apologie du terrorisme" diffèrent grandement d’une ville à l’autre. A Nantes, pour l'instant, elles restent relativement clémentes. Mais à Marseille, un agent de sûreté de l'aéroport a été condamné à deux ans de prison pour avoir apporté son soutien aux terroristes sur Facebook. A Béziers, un jeune homme a été condamné à six mois de prison pour avoir déclaré à des policiers que les terroristes "auraient dû tous vous tuer".

Mardi, dans un communiqué , le syndicat de la magistrature a appelé la Justice, à faire preuve de "sérénité", et "à résister à l'injonction de la répression immédiate".

EN SAVOIR + >> Ce que risquent les apologues du terrorisme
 

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