Appel à la grève des conducteurs de tram et bus samedi : "Ça devient trop dur"

Appel à la grève des conducteurs de tram et bus samedi : "Ça devient trop dur"

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TRANSPORT – Les syndicats CGT et Sud e la Semitan protestent contre la dégradation de leurs conditions de travail et demandent des hausses de salaires et de l’embauche.

"Le manque d’effectif devient trop criant, les salaires n’augmentent plus. Il y a un vrai ras-le-bol." Les syndicats CGT et Sud de la Semitan, réseau de transport nantais, ont déposé un préavis de grève pour samedi prochain, jour de la grande braderie et d’un match du FC Nantes. Leur mouvement pourrait être reconduit les samedis suivants. "On n’est pas un réseau à appeler à l’arrêt du travail trop facilement", estime Alain Jousseaume, délégué CGT au Comité d’entreprise. "Mais ça devient dur."

Les conducteurs des tramways et bus nantais expliquent "fonctionner à flux tendu, quasiment en sous-effectif", le tout dans un métier "devenu compliqué, avec les agressions qui se multiplient, la circulation chaotique à Nantes." "Nous sommes le réseau de France où l’on produit le plus de kilomètres par conducteur. Mais nous sommes aussi le plus accidentogène. Il y a forcément un lien", indique Alain Jousseaume. Les syndicats ne remettent pas en cause la qualité du système : "Le service est ultraperformant. Les infrastructures se développent énormément. Mais rien n’est investit dans l’humain."

Pour une réouverture des négociations

Car le rythme est dur : des journées de 8 h 30, entrecoupées de pauses de 10 minutes toutes les trois, quatre heures de conduite. "Le tramway consiste en des allers-retours", explique Alain Jousseaume. "C’est très monotone, propice à l’endormissement, alors que cela nécessite une vigilance accrue. Par exemple, sur le grand plateau piétonnier qui va du Bouffay jusqu’à la gare maritime, les piétons traversent n’importe comment, coincent les portes. Quand on commence à 4 h 30 et qu’on finit à 13 h, c’est difficile. On demande juste d’améliorer tout ça."

Les négociations annuelles obligatoires avec la Semitan, qui se sont terminées il y a quelques semaines, n’ont pas abouti. Les syndicats demandent leur réouverture.

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