L'armée troque ses "Famas" contre des fusils allemands

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ARMEMENT - Les militaires français l'utilisaient depuis 1979. Le célèbre fusil d’assaut de la Manufacture d'armes de Saint-Etienne cédera en 2017 sa place au HK 416 de Heckler und Koch, indique la Direction générale de l'armement.

Il était sur tous les théâtres de guerre de l'armée française. Le célèbre fusil d'assaut Famas, fabriqué par la Manufacture d'armes de Saint-Etienne qui lui a donné son nom, va prendre sa retraite. Une retraite forcée, la manufacture en question ayant fermée ses portes en 2001.   


Par ailleurs, cette arme conçue en laboratoire pour être la plus moderne et technologique de son temps, fut pas mal décriée : Arme lourde, d'entretien complexe, parfaitement irréparable si endommagée, le Famas ne récolta qu'un succès d'estime et ne fut jamais acheté massivement par aucun autre pays, du fait de son coût élevé.

"Anti 'Made in France'"

La Direction générale de l'armement (DGA) avait donc décidé de lancer un appel d'offres européen en 2014, mais au grand dam des défenseurs du "Made in France", aucun compétiteur français n'a été retenu. Il faut dire que les autorités françaises avaient une condition, et non des moindres, pour garantir la durée de vie de ce nouvel équipement : seules les sociétés générant au moins 80 millions d’euros de chiffre d’affaires étaient autorisées à participer.


C’est le HK 416 de la société allemande Heckler und Koch qui a remporté le marché, confirme ce 23 septembre la DGA. Un marché juteux  de 100.000 armes, dont 70.000 pour l'armée de terre et 10.000 dédiés à l'opération Sentinelle. Le tout pour un montant estimé entre 300 et 400 millions d'euros. Livraison prévue dès 2017.  Ce contrat "permet de satisfaire les besoins des trois armées (...),  permettant d'assurer la qualification, le soutien initial et la formation des  utilisateurs", précise le ministère de la Défense. Ce fusil d'assaut allemand, déjà fabriqué à 60.000 exemplaires, est  notamment en dotation dans l'armée norvégienne, ainsi que dans des forces  spéciales et de l'armée de l'air françaises.


La décision a fait réagir sur Twitter, notamment chez certains parlementaires. Le vice-président du Front national, Florian Philippot, a ainsi vivement dénoncé une "dépendance stratégique et anti "made in France"".

Les nationalistes, eux, y voient une certaine ironie de l'Histoire, comment l'armée française peut-elle être équipée d'un fusil .... allemand.

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