Attentat de Nice : les policiers sont à bout de force et cumulent 18 millions d'heures supp'

Attentat de Nice : les policiers sont à bout de force et cumulent 18 millions d'heures supp'
FRANCE

RESERVE - A la suite de l'attentat de Nice survenu jeudi 14 juillet au soir, François Hollande a prolongé l'état d'urgence pour une durée de trois mois. Une situation qui risque de compliquer la prise de congés des policiers, qui ont été beaucoup sollicités ces derniers mois.

En avril dernier, des milliers de policiers ont manifesté à Paris pour dénoncer la surcharge de travail et les heures supplémentaires non payées. Leur situation risque de se compliquer encore plus ces prochaines semaines avec la prolongation de l'état d'urgence prononcée par le président de la République, François Hollande, à la suite de l'attentat qui a touché la ville de Nice jeudi soir.

Depuis les attentats du Bataclan et de Saint-Denis et durant toute la période de l'Euro 2016, les forces de l'ordre ont été beaucoup sollicitées pour effectuer des patrouilles autour des sites touristiques ou des lieux de culte. Elles sont sur le qui-vive au quotidien et la fatigue commence à s'accumuler dans ses rangs. Les nombreuses manifestations contre la Loi travail depuis le début de l'année n'ont pas aidé à dégager des créneaux pour permettre aux policiers de se recharger les batteries pendant leurs jours de congés ou leurs simples jours de repos de la semaine.


"Ils n'ont pas vu leur famille depuis plusieurs mois"

Luc Poignant, membre du syndicat Unité SGP-Police, déplore cette surcharge de travail par manque de rotations : "Il y a des collègues qui n'ont pas vu leur famille depuis plusieurs mois. On travaille à flux tendu depuis plus d'un an et demi. Avec le 13 novembre, ce fut encore plus tendu sans parler de la Cop 21 et de l'Euro 2016. En ce moment, il y a le Tour de France. Malgré tout, on fera notre mission."Tous ces évènements à sécuriser ont compliqué la prise des congés comme l'a constaté Stanislas Gaudon, syndicat Alliance Police Nationale.

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Et les chiffres paraissent hallucinants : "Il y a des collègues qui n'ont pas eu de jours de repos depuis janvier 2015. Nous en sommes à 18 millions d'heures supplémentaires au sein de la police nationale. Ils sont toujours motivés mais il va falloir s'organiser au niveau des ressources humaines pour qu'ils puissent un petit peu se reposer pour être d'autant plus efficaces sur le terrain."

La prolongation de l'état d'urgence en ce début de vacances estivales devrait davantage compliquer la prise de congés des policiers sans oublier les nombreux contrôles routiers à effectuer à cette époque de l'année ou encore la délinquance du quotidien.

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