Au barrage de Sivens, c'est la guerre entre les riverains et les zadistes

Au barrage de Sivens, c'est la guerre entre les riverains et les zadistes

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ENVIRONNEMENT – Depuis quelques semaines, la tension montre entre les adversaires du barrage de Sivens qui occupent le site et les riverains. Les uns continuent à combattre le projet de barrage tandis que les autres souhaitent retrouver leur quiétude.

La tension est vive dans la vallée du Tescou. Lors des deux derniers week-ends, des agriculteurs et des riverains ont bloqué avec des tracteurs les accès du site où devait être construit le barrage de Sivens.

En empêchant les allées et venues des  zadistes , ils ont voulu montrer leur exaspération d'une occupation qui dure depuis quinze mois. Sur le pas de la porte de sa maison située tout près, un agriculteur à la retraite reconnaît avoir participé aux opérations. "Et je le referai s'il le faut, ils doivent partir maintenant", explique l'homme, fâché de s'être fait voler ses outils il y a quelques mois.

"On veut retrouver notre tranquillité"

Dans les maisons de la vallée, le ras-le-bol en raison de la situation bloquée depuis plus d'un an s'exprime désormais haut et fort. "Notre ferme est située en amont du projet, l'eau du barrage on n'en bénéficiera jamais, on veut retrouver notre tranquillité", commente une dame dont le fils exploite des vaches laitières.

En janvier, des habitants ont fondé l'association des "Riverains des Sivens" et espèrent que la justice ne tardera pas à prononcer une expulsion. "On n'est ni pour ni contre le barrage, on veut pouvoir circuler sur les routes sans se faire contrôler, la RD132 est barrée depuis avril 2014, et retrouver une vie normale", explique un de leurs représentants. Du côté de l'AVET, une association qui milite en faveur du barrage, on souhaite que les agriculteurs "puissent accéder à leur outil de travail".

"Ce sont des rumeurs"

Sur la zone à défendre, où une cinquantaine de personnes occupent les lieux, un homme se faisant appeler Camille dénonce les accusations de vols et d'agressions, "ce sont des rumeurs", tout en admettant un dialogue difficile. "Il y a un choc des cultures entre deux mondes, on ne se comprend pas", reconnaît-il.

"Il faudrait un médiateur, mais vu que l'Etat n'a pas joué son rôle pourquoi ne pas faire appel à un intervenant privé ?", s'interroge encore Camille. Alors que les riverains ont fixé un rendez-vous samedi à 14 heures aux émissaires de la ZAD pour évoquer un calendrier d'évacuation, le dialogue semble plus que jamais impossible.

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