Au barrage de Sivens, les affrontements reprennent

FRANCE

ENVIRONNEMENT - Des gardes mobiles se sont présentés ce lundi matin sur le site de la zone humide du Testet en vue d'expulser une trentaine de "zadistes" qui bloquaient l'accès au chantier. Pour les opposants au projet de barrage c’est le signe que les travaux reprennent.

De nouvelles échauffourées ont éclaté ce lundi  sur le chantier du barrage de Sivens . Alors qu'une trentaine d’opposants avaient posté leurs voitures afin d’empêcher l’entrée sur place d’engins de chantier, une centaine de gendarmes mobiles arrivés dans sept fourgons tentent actuellement de déloger la centaine d'opposants sur les lieux. Selon France 3 Midi-Pyrénées "des jets de boulons, d'acide, de cocktails Molotov" ont été tirés sur les forces de l'ordre. Celles-ci ont répliqué par "des gaz lacrymogènes et des vitres de voitures brisées", détaille Ben Lefetey, porte-parole du Collectif d’opposants du Testet.

La zone ayant été déboisée, un arrêté préfectoral a été affiché depuis le 12 septembre pour annoncer des travaux de décapage du site, destinés à retirer tous les débris de bois qu'il reste. Des travaux qui selon le calendrier officiel devaient normalement débuter le 6 octobre. Mais, pour Ben Lefetey, c'est surtout le signe que "le chantier reprend". "Nous craignons que le conseil général accélère le processus", ajoute Christian Conrad, naturaliste, en grève de la faim depuis vingt-huit jours avec deux autres militants.

Rassemblement le 25 octobre

Les opposants ont beau marteler qu'il est encore temps de stopper les opérations, rien n'y fait. L'heure est à la désillusion. "Nous allons rencontrer les experts missionnés par le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, mais nous doutons de leur pouvoir de stopper le chantier, glisse Ben Lefetey. D'autant que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, et le Premier ministre, Manuel Valls, se sont déclarés favorables à ce projet." 

De son côté, France nature environnement va faire appel après que le tribunal de grande instance d'Albi s'est déclaré incompétent pour juger de la légalité du déboisement. Le Collectif du Testet a également déposé un dossier auprès de la Commission européenne en espérant une mise en demeure de la France au titre du non-respect de la loi sur l'eau. Et appelle à une réoccupation des lieux le samedi 25 octobre.

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