Avec le printemps, les petites bêtes prennent le pouvoir

Avec le printemps, les petites bêtes prennent le pouvoir

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ENVIRONNEMENT - Hiver doux, automne pluvieux… Les conditions météo ont encouragé la prolifération d’espèces parfois nuisibles pour l’homme en Loire-Atlantique. Le point avec la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles.

Hiver doux, automne pluvieux, inondations prolongées… Insectes et vertébrés ont été gâtés par la météo des derniers mois, avec de rares températures négatives et peu de gels matinaux, provoquant de faibles taux de mortalité chez les reproducteurs. Alors, attention : avec le printemps, les petites bêtes vont grouiller. Faut-il s’affoler ? Le point avec la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles (FDGDON), missionnée pour encadrer la lutte contre certaines espèces.

Le frelon asiatique étend toujours plus son territoire. Ce prédateur, arrivé en 2010 dans le département de Loire-Atlantique, s’est implanté à toute vitesse : 7 nids avaient été recensés, puis 128 en 2011, 700 en 2012, 822 en 2013. "L’espèce a d’abord débarqué par avion en Aquitaine, via des poteries en provenance d’Inde", raconte Vincent Brochard, responsable technique de la FDGDON. "Chaque année, il se propage d’une centaine de kilomètres vers le nord, en suivant les rivières." Le frelon asiatique attaque en groupe, ce qui fait sa dangerosité, les victimes recevant une grande dose de venin. Une réaction allergique sévère peut en découler, pouvant même entraîner la mort. Reste que l’éradication de ce tueur d’abeille est "difficile" : "Il est aujourd’hui présent sur tout le département. C’est une zone de dispersion trop étendue."

Les chenilles processionnaires en plein développement. "La météo de l’automne et du printemps 2013 a engendré un décalage dans leur cycle de reproduction d’environ 6 semaines", explique Vincent Brochard. "Elles sont sorties de leur cocon plus tardivement, en novembre, et sont toujours là." Les larves de ces chenilles projettent dans l’air des poils urticants et allergisants. "La période d’exposition potentielle pour la population est plus longue", note Vincent Brochard.

Les ragondins et rats musqués remontent les rivières. 60 000 de ces mammifères ont été capturés l’an dernier. "Ils véhiculent la leptospirose, une maladie potentiellement mortelle, dont la bactérie est présente dans leurs urines", indique Vincent Brochard. Le virus se communique à l'homme au contact de ces urines ou de végétaux souillés. Ces rongeurs, importés au XIXe pour leur fourrure, n’ont pas de prédateurs, ce qui a favorisé leur prolifération rapide. Et la Loire-Atlantique, deuxième zone humide de France, est pour eux un habitat tentant. Cette année, ils sont en fait plus visibles, mais pas forcément plus nombreux. Avec les crues, leurs terriers étaient sous l’eau et inaccessibles, ils sont remontés en bord des habitations. Mais le nombre de prises est stable", note Vincent Brochard.

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www.fdgdon44.fr

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