Avec les "galériens" du TER entre Nice et Monaco

FRANCE
REPORTAGE - Cinq membres de l'association Les Naufragés du TER sont descendus sur les rails à Monaco lundi soir bloquant la circulation entre Vintimille et les Arcs. Retards, changements d’horaire, les difficultés s’accumulent pour les usagers azuréens.

"Quand on vous dit que les gens sont à bout", s’emporte Eric Sauri, le président de l'association Les Naufragés du TER Grasse Vintimille. Cinq usagers excédés ont envahi les rails à Monaco lundi soir, bloquant un train qui devait repartir à vide. Une frustration qui gagne du terrain chez les voyageurs azuréens.

Sur les coups de 8 heures, ce mardi matin, dès la gare de Nice-ville, le train à destination de Vintimille est déjà saturé. Les passagers sont debout, collés les uns aux autres. Les allées sont bondées. En silence, chacun pianote sur son smartphone, écoute sa musique, lit son journal ou son livre. L’arrivée à Monaco sonne comme une délivrance avec un appel d’air frais qui chasse une odeur de transpiration suffocante. Le train se vide.

De l’exaspération à la manifestation

Le service s’est-il dégradé dernièrement ? Assurément pour Eric Sauri, le président de l’association des "Naufragés du TER Grasse Vintimille" (NTGV). Près d’un TER sur trois a été en retard ou supprimé au cours de l’année 2014, selon l’association. Ce serait deux fois plus qu’en 2011. "Le contribuable paie plus qu’un quart de milliard d’euros pour un tel service. La SNCF se moque de nous", fustige Eric Sauri.

A 52 ans, Julien n’a plus l’âge d’avoir la langue dans sa poche. L’homme travaille de nuit à Monaco et commence à minuit. Problème, le dernier train est à 21 heures. "Je suis obligé d’aller travailler avec trois heures d’avance. Ce n’était pas comme ça il y a deux ans", fulmine le Niçois.

De nouveaux horaires en janvier

La SNCF dit avoir conscience des difficultés rencontrées par les usagers du réseau TER en Paca qui a fait voyager quotidiennement 100.000 personnes en 2014 ce qui place la région à la deuxième place à l’échelle nationale derrière l’Ile-de-France en termes de trafic. "Les doléances des utilisateurs nous sont remontées via nos agents sur le terrain. On en a tenu compte pour modifier les horaires en début d’année. Nous sommes à l’écoute", confie à metronews un porte-parole de la SNCF.

Des mesures insuffisantes pour l’association NTGV qui appelle à manifester samedi à 13 heures sur le parvis de la gare de Nice-Ville. Dans le même temps, Guillaume Pepy, le président du directoire de la SCNF, est attendu à Nice pour l'inauguration des trains de nuit russes.


 

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