Avec un "uritonnoir", faites pipi de façon responsable

Avec un "uritonnoir", faites pipi de façon responsable

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INSOLITE – Près d’un an après avoir été testés par les festivaliers du Hellfest, les "uritonnoirs" continuent de faire parler d’eux… Mélange d’urinoir et d’entonnoir, ils transforment la paille en "fumier humain" pour potagers et autres pots de fleurs.

Un an après avoir soulagé les vessies pleines de bière des métalleux du Hellfest , les "uritonnoirs" s’invitent à présent dans les jardins des particuliers. Mélange d’urinoir et d’entonnoir, ces cônes en plastique, vendus 20 euros pièce , se piquent dans des bottes de paille pour que l’urine les transforme en "fumier humain De l’engrais gratuit, donc, pour les potagers et pots de fleurs de leurs acquéreurs.

A Clisson, les round ballers utilisés sur le camping du Hellfest ont été déversées dans le champ d’un agriculteur voisin. Laurent Lebot et Victor Massip, les deux designers industriels nantais à l’origine du projet, ont envoyé depuis leurs "uritonnoirs" sur des festivals en Suède, en Angleterre ou encore en Allemagne. Le bien-nommé festival Tout un foin , à Bayeux (Calvados), en a également commandé dix pour sa prochaine édition en juin : au Hellfest, même les filles se sont approprié cet équivalent masculin des toilettes sèches, en utilisant des cônes en papier biodégradables qui leur permettent d’uriner debout  ! Des campings et des gîtes à la ferme se sont également montrés intéressés.

Un projet plus global

Produits dans un premier temps à 500 exemplaires, grâce à une subvention de Nantes Capitale Verte, ces "uritonnoirs" n’ont donc rien d’une blague de potache : ils sont l’un des premiers développements concrets des Ekovores , un ensemble cohérent de dix-neuf équipements imaginé pour rendre les villes plus écologiques. Laurent Lebot et Victor Massip – qui travaillent dessus depuis quatre ans – vont d’ailleurs présenter le concept en juin à de hauts fonctionnaires du ministère de l’Agriculture. Ils multiplient aussi, pour cela, les colloques ou les interventions dans des écoles d’ingénieurs agronomes.

D’ici à cet été, les deux designers concrétiseront une autre facette de leurs Ekovores : un composteur collectif va être installé en plein cœur du quartier Malakoff. Une quarantaine de familles pourront venir y déverser leurs déchets organiques, là encore pour les transformer en engrais. "Une famille produit une tonne de déchets par an, dont 300 kilos de déchets organiques", explique Victor Massip. "Cela coûte 250 euros à la collectivité de les transporter puis les incinérer, soit 70 euros pour les seuls déchets organiques... On peut donc faire de grosses économies".

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