Avenir de la SNCM : les trois scénarios

FRANCE

TRANSPORT – Transdev et Veolia, actionnaires majoritaires de la SNCM, ont mis en route la procédure de redressement judiciaire de la compagnie maritime. Le dépôt de bilan doit avoir lieu lundi ou dans les prochains jours, ouvrant une période d’incertitude pour l’ancien fleuron de la desserte vers la Corse.

C'est une question d’heures ou de jours. Le président du directoire de la SNCM, Olivier Diehl, va déposer devant le tribunal de commerce de Marseille, le bilan de l’entreprise . Une manière, selon la direction, de sauver l’entreprise. Mais tout n’est pas si simple. La procédure de redressement judiciaire laisse envisager trois scénarios allant du sauvetage au naufrage de la compagnie maritime.

Le scénario idéal
Nommé pour 6 mois, l’administrateur judiciaire, nommé par le tribunal, assainit les comptes de l’entreprise. Les dettes et l’ardoise de 200 millions d’euros envers l’Europe sont effacées avec l’accord de Bruxelles. Un plan social (1000 emplois seraient supprimés) permet de réduire les charges. Un repreneur au rein solide est trouvé. La Délégation de service public (DSP) pour la desserte de la Corse est maintenue. Le juge en charge du dossier au tribunal de commerce est satisfait. L’entreprise continue d’exister.

Le scénario ambigu
Même scénario que le précédent. Sauf que la DSP,  prévue pour dix ans encore, n’est pas du tout accordée au repreneur, comme le redoutent les syndicats. Un recours, voulu par la Corsica Ferries, a été déposé pour la faire annuler. Le juge du tribunal de commerce valide quand même le projet de reprise de la SNCM. Mais sans DSP, la survie de l’entreprise n’est pas du tout gagnée.

Le scénario du pire
Plombée par les dettes et les crises à répétition, la compagnie n’apporte aucune garantie au juge du tribunal de commerce. Aucun repreneur n’est trouvé et la DSP est annulée. Le magistrat prononce au bout de sixmois (période renouvelable une fois), la liquidation pure et simple de l’entreprise. Les 2000 emplois liés à l’activité de la SNCM sont perdus, sans parler des sous-traitants. Le port de Marseille traverserait alors une crise sans précédent.
 

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