AZF : ils veulent se faire entendre par le groupe Total

AZF : ils veulent se faire entendre par le groupe Total

DirectLCI
FAIT-DIVERS – Des victimes atteintes de surdité après l'explosion de l'usine AZF en septembre 2001 se trouvent dans une impasse: selon elles l'assureur de la société refuse d'indemniser le renouvellement de leurs prothèses auditives.

Ils veulent que Grande Paroisse continue à payer leurs équipements auditifs. Treize ans après la catastrophe industrielle de Toulouse, l'association des sinistrés du 21 septembre recueille des témoignages de victimes rencontrant des difficultés pour se faire rembourser leurs prothèses.

"Depuis 2001, un accord avec AON, l'assureur de Total prend en charge le renouvellement de mes appareils. J'ai ainsi pu m'équiper en 2003 et en 2008. Mais depuis qu'un nouvel expert gère les dossiers, le groupe Diot, je n'ai droit qu'au remboursement de la part sécurité sociale", explique Pauline Miranda, blessée le 21 septembre 2001 alors qu'elle circulait en voiture près de l'usine. Cette dernière a perdu entièrement l'audition de l'oreille gauche et plus de 40% à l'oreille droite.

Sur 1800 euros d'appareillage, elle a désormais droit à 199 euros de remboursement. Le reste étant de sa poche. "Aujourd'hui ma prothèse marche une fois sur deux, j'aurais dû la changer il y a deux ans, je vais être obligée de contracter un petit crédit pour en acheter une nouvelle".

Au moins 28 dossiers en souffrance à la CPAM

Le cas de Pauline n'est pas isolé. Selon Jean-François Grelier, président de l'association, la sécurité sociale a recensé 28 dossiers en souffrance. "Des représentants de la CPAM de Haute-Garonne se sont même déplacés à Paris pour obtenir des clarifications du groupe Diot, ils n'ont obtenu aucune réponse". Dans les rangs des plaignants on a le sentiment que depuis sa condamnation en septembre 2012, Grande Paroisse, filiale de Total, bloque toutes les procédures afin de décourager les victimes du 21 septembre 2001.

"Ils jouent sur les mots, le groupe Diot affirme maintenant que la "prise en charge complète ou totale" aurait dû être stipuler sur le rapport d'expertise", regrette de son côté Brigitte Aubert, intérimaire chez AZF au moment de l'explosion.

"Je suis choquée"

"Quand on voit les profits dégagés par Total, je suis choqué que ce grand groupe ne veuille pas payer", lance Michel Mignard, ancien salarié de Technal et appareillé après avoir perdu 30% d'audition. Regroupées au sein de l'association des sinistrés du 21 septembre, les victimes sont prêtes à saisir les tribunaux pour obtenir justice.

Contactés mardi par metronews, ni Jacques Monferran le conseil de Grande Paroisse ou la représentante du cabinet Diot n'ont répondu à nos sollicitations.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter