AZF: les sinistrés veulent faire entendre raison à Total

AZF: les sinistrés veulent faire entendre raison à Total

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FAIT-DIVERS – Quelques semaines après avoir rendu public les difficultés de remboursement des prothèses auditives, l'association des sinistrés du 21 septembre a recensé de nouveaux cas. De son côté Total se défend de bloquer l'indemnisation des appareils auditifs.

Ils veulent continuer à se faire entendre. Après avoir dénoncé l'immobilisme de Total et de son assureur qui refusaient de rembourser leurs prothèses auditives , les victimes d'AZF retournent au combat. "Il y a deux mois nous étions six plaignants, aujourd'hui nous sommes 21", constate Jean-François Grelier, président de l'association des sinistrés du 21 septembre qui déplore cependant le même attentisme.

Les personnes touchées par des problèmes de surdité après la catastrophe de septembre 2001 exigent qu'une règle publique et unique soit édictée afin que chaque sinistré bénéficie gratuitement de prothèses à chaque renouvellement. "Il y a deux poids, deux mesures : à certains on rembourse la totalité des équipements, à d'autres non. A certains, c'est le montant des piles qui n'est pas pris en compte..." dénonce la fille de Maria, 61 ans.

"A nouveau une vie sociale"

Cette dernière a pris contact avec l'association des sinistrés après la première médiatisation de l'affaire début avril : cela faisait dix ans que ses appareils n'étaient plus adaptés et que les assurances refusaient de rembourser les nouveaux équipements. "Aujourd'hui tout est rentré dans l'ordre, avec ses prothèses ma mère a de nouveau une vie sociale".

Mais ce n'est pas le cas de toutes les victimes qui espèrent que la réunion entre l'industriel et la CPAM le 13 juin prochain débouche sur une solution concertée. "Je n'entends plus rien d'une oreille et suis sourde en partie de l'autre, j'ai été tellement humiliée lors des expertises où me reprochait de simuler que je me suis renfermée sur moi-même", témoigne Catherine Cosse, 49 ans, qui redoute de plonger dans "le monde du silence".

Principe d'indemnisation à vie acquis depuis 2001

Dans les rangs de Total, la question agace au plus haut point Patrick Timbart, directeur délégué du groupe pétrolier. "Je suis stupéfait qu'on évoque encore ce dossier, c'est possible qu'il y ait des problèmes de remboursement dus à des retards ou des recherches d'information mais le principe d'indemnisation à vie est acquis depuis 2001", explique celui qui assure le suivi du dossier AZF depuis 14 ans. Et de rappeler que Total a versé 12 millions d'euros d'indemnisations aux victimes de la catastrophe en 2013.

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