Banques : une offre "low cost" pour les clients les plus fragiles

Banques : une offre "low cost" pour les clients les plus fragiles

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CONSOMMATION - A partir de mercredi, les banques françaises sont tenues de proposer un forfait de compte à 3 euros maximum par mois pour leurs clients les plus précaires. Une offre commerciale séduisante, mais sur laquelle l'association des usagers des banques émet des critiques.

Pour des centaines de milliers de Français asphyxiés financièrement, ce pourrait être une bouffée d'oxygène. Toutes les banques mettent en place à partir de mercredi, comme la loi bancaire de 2013 les y oblige, une offre destinées à leurs clients les plus fragiles. Au tarif maximum de 3 euros par mois, ce compte "low cost" proposera de vraies prestations : pas de chéquier, certes, mais une carte de paiement à autorisation systématique (débit immédiat), ainsi que deux chèques de banque, quatre virements gratuits par mois ou des prélèvements en nombre illimité.

"Cette officialisation d'une offre spécifique pour les clients fragiles, jusqu'ici appliquée de manière disparate, est une bonne nouvelle pour tous ceux qui se retrouvaient à devoir changer de banque ou qui se voyaient retirer leurs instruments de paiement, estime Jean-Louis Kiehl, président de Crésus, l'association d'accompagnement des familles souffrant de surendettement. Cela aidera les gens à ne pas désespérer : chez nous, on en voit très souvent qui déposent très tardivement leur dossier par crainte que leur compte ne soit fermé".

Crainte que les banques "ne traînent des pieds"

Dans le cadre de cette nouvelle offre, les "commissions d'intervention", ces frais facturés aux clients qui dépassent leur découvert autorisé, ne pourront en outre pas dépasser 20 euros par mois. "C'est encore beaucoup, mais c'est la première fois que l'on plafonne ainsi des frais bancaires qui pouvaient représenter jusqu'à 200 euros par mois pour des personnes au RSA !", salue Jean-Louis Kiehl.

Qui pourra bénéficier de cette offre ? D'abord les personnes inscrites pendant trois mois consécutifs au fichier de la Banque de France et celles en situation de surendettement (environ 200.000 dossiers jugés recevables chaque année). Mais pourront également y avoir accès les clients jugés en situation de fragilité par leur établissement, au regard des incidents de paiement répétés pendant trois mois de suite ou du montant de leurs ressources .

Et c'est là que le bât blesse pour Serge Maître, président de l'association française des usagers des banques. "Sur le papier, ce dispositif ne peut que séduire, mais le problème est qu'il dépend de l'initiative des banques. Or, on peut craindre que celles-ci ne traînent des pieds car ce 'client fragile' leur rapporte gros : avec les frais et les commissions qui s'accumulent, il peut représenter 150 euros par mois en moyenne." Serge Maître craint donc "que l'usager ne soit soumis à une appréciation purement discriminante, aboutissant à la création d'un 'compte de pauvres'". Pour lui, il faudrait "que ce compte à 3 euros soit un droit" pour tous ceux qui en en besoin.

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