Barrage de Sivens: ces paysans qui soutiennent le projet

FRANCE
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ENVIRONNEMENT – Malgré les tension du week-end dernier, certains agriculteurs de la vallée du Tescou souhaitent que le projet aille à son terme. Sinon, il sera impossible, selon eux, de continuer à travailler leurs terres. Ce qui pourrait signifier la mort de la vallée.

Alors que le chantier de la retenue d'eau a été suspendu par le président du Conseil général Thierry Carcenac en raison des événements du week-end dernier, certains fermiers et paysans de la vallée du Tescou où doit être construite la digue restent favorables au projet et souhaitent la poursuite des travaux.

Depuis sa ferme de Montans située à quelques kilomètres de Sivens où il élève des bovins à viande, Laurent sait qu'il ne profitera jamais de l'eau du barrage si contesté. Pourtant, il milite pour que l'ouvrage voie le jour.

La sécurité d'avoir de l'eau

"Au départ, j'étais partagé sur sa pertinence, reconnait-il. Mais aujourd'hui, je le soutiens par solidarité:  cela devient tellement difficile de vivre de l'agriculture. Le barrage, c'est la sécurité d'avoir de l'eau, même en période de sécheresse et de sauver sa saison agricole".

Dans la commune voisine de Lisle sur Tarn, Jean-Bernard cultive des céréales et de la vigne. Et ne comprend pas toute cette opposition à un projet qui tombe sous le sens selon lui. "Sans eau, les cultures ne poussent pas. Alors, à moins qu'on souhaite importer des produits espagnols, on n'a pas le choix!", lance-t-il.

Quant aux critiques des experts mandatés par la ministre Ségolène Royal, si les agriculteurs les entendent, ils espèrent que cela ne remettra pas en cause la faisabilité de la digue. "Il y a eu un vote, si ce sont quelques radicaux qui gouvernent la France, c'est grave", avance l'un d'eux.

Dans une exploitation voisine du futur barrage, on préfère ne pas parler aux journalistes. "On reste prudent: tous les jours, on reçoit des menaces par téléphone ou par courrier. C'est compliqué de vivre avec ça!", lance le couple de fermiers.

Les réserves d'eau, le bon sens paysan

La faute aux "djihadistes verts" comme les a baptisés, mercredi après-midi, Xavier Beulin, le président de la FNSEA? "Leurs méthodes de recrutement et d'action sont similaires", confirme une membre de l'AVET (Association Vie Eau Tescou) créée en 2011 "afin de contrer les militants qui s'opposent à tout".

"Constituer des réserves d'eau? Mais c'est le bon sens paysan pour recueillir l'eau de pluie du versant collinaire qui servira à irriguer des champs de céréales et les maraîchages", continue la femme d'agriculteur.

Cette dernière estime que l'arrêt des travaux décidé par Thierry Carcenac est rendu nécessaire par " la période de tension et de deuil, après la mort de Rémi Fraisse. Maintenant, je souhaite que les opposants fassent aussi une pause. Qu'ils rentrent chez eux afin de nous laisser vivre normalement!". Pour cette femme d'agriculteur, l'arrêt des travaux définitifs est inenvisageable. "Sinon c'est la mort de la vallée du Tescou!"

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