Barrage de Sivens : des peines de prison ferme après la manifestation contre les violences policières à Toulouse

FRANCE
JUSTICE – Cinq personnes étaient jugées lundi après-midi en comparution immédiate après avoir été interpellées samedi à l’issue de la manifestation interdite contre les violences policières, après la mort de Rémi Fraisse. Deux hommes ont écopé de quatre et trois mois de prison ferme.

Cinq hommes, âgés de 20 à 36 ans, étaient jugés en comparution immédiate lundi après-midi pour avoir participé à "un attroupement après sommation de se disperser" et pour violences contre les forces de l'ordre suite à la manifestation "contre les violences policières" samedi . Elle était organisée à l'appel du NPA et d'organisations anarchistes et antifascistes, après la mort de l'écologiste Rémi Fraisse, tué par l'explosion d'une grenade lors d'affrontements sur le site du projet de barrage controversé de Sivens (Tarn). Interdit par la préfecture, le rassemblement s'est soldé par 21 interpellations.

"La liberté de manifester ne signifie pas la liberté de casser"

Lundi, le tribunal de grande instance de Toulouse a condamné un homme de 36 ans à quatre mois de prison ferme pour "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique". Considéré comme récidiviste avec une dizaine de condamnations (violences, vol en réunion, port d'arme prohibée), il a fait l'objet d'un mandat de dépôt et a également été condamné à 600 euros d'amende. "La liberté de manifester ne signifie pas la liberté de casser", a déclaré le procureur lors de ses réquisitions à son encontre.

Un prévenu, âgé de 22 ans, a également été condamné à trois mois de prison pour violence avec arme et rébellion sans mandat de dépôt. Deux jeunes hommes ont été condamnés à trois mois avec sursis notamment pour avoir renvoyé une grenade lacrymogène. Le cinquième, âgé de 24 ans, a obtenu un délai pour préparer sa défense jusqu'au 4 décembre. Quatre autres personnes seront convoquées ultérieurement devant le tribunal, ainsi qu'un mineur jugé à part, après la manifestation de samedi.

Deux membres des forces de l'ordre blessés et des manifestants pris en sandwich

Samedi, le mouvement de protestation a rassemblé environ 500 personnes. Le préfet de Haute-Garonne avait décidé de l'interdire estimant "éminemment prévisible" que se reproduisent les affrontements violents et des dégradations de vitrines de banques à l'instar de la manifestation sur le même thème le 1er novembre et avait donc mobilisé 400 gendarmes et policiers.

"Les affrontements ont provoqué deux blessés légers parmi les forces de l'ordre", selon la préfecture, qui fait état de deux établissements bancaires dégradés et d'un véhicule incendié. Selon, le NPA les manifestants ont été pris en sandwich entre deux barrages de policiers "qui ont gazé copieusement les manifestants et la population présente sur les lieux".

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