Barrage de Sivens : et maintenant ?

Barrage de Sivens : et maintenant ?

ENVIRONNEMENT - Alors que Ségolène Royal demande aux élus de trancher entre deux scenarii alternatifs au projet initial, de nombreuses questions restent en suspens. Comment les élus vont-ils trancher ? Qui veut quoi chez les pro et anti-barrage ? Les occupants de la ZAD vont-ils être expulsés ? Metronews fait le point sur la situation.

Alors que Ségolène Royal a annoncé le 16 janvier l’abandon du projet initial suite à un rapport rendu par deux experts, cette dernière estime que c'est désormais aux élus locaux de trancher entre deux scénarios.

Quelles sont les options possibles ?

La ministre en a retenu deux en se fondant sur le rapport des experts. La première option, une sorte de "Sivens light" avec un réservoir 750.000 mètres cubes, la moitié du volume initial prévu, et qui serait décalée à plus de 300 mètres du barrage controversé. Cela épargnerait la moitié de la zone humide. La seconde serait de réaliser trois retenues latérales, une à Sivens et deux autres à proximité, dont une à Bessières qui permettrait de mobiliser 300 000 mètres cubes d'eau.

Qui veut quoi désormais ?

Ni les pro ni les anti-barrage ne sont satisfaits par ces deux options. Les anti-barrage se félicitent de l’abandon du projet initial. Mais ils estiment que les besoins en eau sont surestimés tant pour le soutien d’étiage que l’irrigation à cause "de calculs basés sur les besoins des dix dernières années", selon Ben Lefetey, porte-parole du collectif de sauvegarde du Testet. Ils demandent à ce que des études scientifiques prouvent les besoins réels en eau. S'ils sont avérés, "il faut optimiser les réserves existantes aux alentours. Cela permettrait de mobiliser 2 millions de mètres cubes", avance Ben Lefetey. Si cela se montre insuffisant, ils accepteraient l'option d'une retenue à Bessières, selon eux moins coûteuse et non située sur une zone humide, comme le préconise le second scénario.

Du côté des pro-barrage, les avis divergent. Le syndicat agricole FNSEA veut revenir au scénario initial , estimant les besoins en eau au minimum à 1,1 million de mètres cubes d'eau. De son côté, le président du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, montre clairement sa préférence pour le premier scénario. "La retenue d’eau décalée et sous dimensionnée, reste la moins coûteuse et la plus efficace (...) Son déplacement à quelques mètres de l'emplacement initial démontre également une volonté d'apaisement".

Quand les scénarios seront-ils tranchés ?

Une réunion pour en débattre doit avoir lieu au conseil général du Tarn au mois de mars indique-t-on du côté de la collectivité sans toutefois donner de date précise. Mais pas sûr qu'une décision soit prise à quelques jours des élections départementales les 22 et 29 mars prochains. Quelle que soit l'option retenue, cela suppose une nouvelle enquête publique en cas de construction d’un nouvel ouvrage et donc de nouveaux mois de procédure. L'Etat s'est engagé à prendre en partie à sa charge les frais de retard du chantier.

La ZAD va-t-elle être expulsée ?

Les opposants sont encore une cinquantaine sur place à occuper le site. Certains ont évoqué le passage d'un huissier mercredi leur notifiant leur convocation au tribunal d'Albi, ce que la préfecture n'a pas confirmé. Après avoir déjà plaidé en novembre pour une évacuation , la ministre de l'Ecologie a annoncé mercredi que les occupants seraient expulsés quand les élus locaux auront tranché sur le projet. La FNSEA appelle à cette expulsion tout comme l'association vie eau Tescou qui regroupe des habitants de la vallée. "Des agriculteurs ne peuvent plus travailler sur place, leurs pâturages sont occupés, les zadistes contrôlent les passages, les identités, il faut un retour à l'Etat de droit", lance Pascale Puibasset, sa porte-parole.

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