Barrage de Sivens : un arrêt qui n'arrange personne

FRANCE

ENVIRONNEMENT – Le chantier de la retenue d'eau prévue dans le Tarn est suspendu jusqu'à une date inconnue. Partisans et adversaires du projet ne trouvent que des inconvénients à cette décision.

Les travaux du barrage de Sivens sont arrêtés jusqu'à nouvel ordre. En prenant acte, vendredi matin, en ouverture de la session du conseil général du Tarn, de "l'impossibilité de poursuivre toute activité liée au déroulement du chantier sur le site de Sivens", après la mort de Rémi Fraisse,  le week-end dernier, Thierry Carcenac a pris la décision de reporter à une date ultérieure la reprise des opérations.

Pas de débat public ni de vote ont conduit à cette décision : avant l'annonce, les 46 élus du conseil général se sont réunis à l'abri des regards du public et des journalistes pour valider le fait de ne pas ordonner aux engins de reprendre leur travail lundi prochain.

Le conseil général invité à "un dîner de cons"

"Mais ce n'est pas un abandon", précise aussitôt Didier Houlès, vice-président divers gauche de la collectivité en renvoyant le dossier à l'Etat. "La gestion de l'eau lui incombe ! C'est un débat qui nous dépasse, qui est devenu une affaire nationale".

Un sentiment que Pierre Verdier, le maire de Rabastens a traduit dans des mots plus directs. "Aujourd'hui on a invité les élus du conseil général à un "dîner de cons" car on a voulu faire croire que la décision était à prendre par le département alors qu'elle est au niveau de l'Etat".

"Manque de courage de Thierry Carcenac"

Dans les rangs des opposants ou des partisans, la décision de Thierry Carcenac laisse un goût d'inachevé. "J'aurais préféré un arrêt pur et simple", explique Jacques Pagès un des rares élus à avoir voté contre le projet. Présents dans les couloirs de la collectivité, des agriculteurs pro-barrage ont exprimé leur déception. "Thierry Carcenac a manqué de courage", juge Xavier Palois le président de la Coordination rurale.

Même parmi les 200 "ZADistes" rassemblés devant les grilles du bâtiment du département, les sentiments étaient partagés. "On est dans le flou le plus total, on ne sait pas combien va durer l'arrêt", reconnaît Ben Lefetey, porte-parole du Collectif du Testet. Selon lui, la seule satisfaction est que "durant trois à quatre mois il n'y aura plus de gendarmes, ni d'engins de chantier. On va en profiter pour amorcer le dialogue avec les 200 agriculteurs de la vallée du Tescou et avancer sur des idées de petites réserves d'eau au lieu d'une grande retenue".

Lire et commenter