Bernard, 55 ans : "Du jour au lendemain, je me suis retrouvé à la rue"

FRANCE
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SOLIDARITE – La précarité augmente en Haute-Garonne et à Toulouse. C'est le bilan qu'a établi le Secours catholique qui accueille 13 652 personnes dans le besoin répartis dans une cinquantaine de lieux d'accueil. Reportage dans le foyer de l'Ostalada à Arnaud Bernard.

La pauvreté gagne du terrain. Irrémédiablement. Selon le dernier bilan annuel dressé par le Secours Populaire, elle touche davantage les hommes seuls et les familles monoparentales en Haute-Garonne. Lydie Carloux-Yog, la déléguée départementale reçoit quotidiennement à l'Ostalada un accueil de jour en plein cœur d'Arnaud Bernard, des gens en pleine détresse sociale. "Quand ils viennent nous voir, les demandeurs sont souvent dans des situations compliquées notamment sur le plan énergétique avec des dettes de 2 000 ou 3 000 euros de gaz ou d'électricité", raconte à metronews la jeune femme.

Dans le petit local, près de 80 petits déjeuners sont servis quotidiennement. "On en servait une soixantaine en mars dernier, on a passé un cap durant l'été", indique Alain, un des bénévoles. La formule boisson chaude, tartine, beurre et confiture pour 20 centimes d'euro, Bernard l'a adoptée durant de longs mois.  Ce quinquagénaire, ancien électromécanicien salarié dans une filiale d'Eiffage sur les chantiers de métro, a vécu dans la rue de 2004 à 2011. Il s'est retrouvé sans emploi à la suite d'un problème de dos. Et très vite, ce Toulousain s'est retrouvé dans une vraie spirale infernale.

"On ne choisit pas de vivre dans la rue"

"Du jour au lendemain on m'a dit que je ne pouvais plus travailler, au bout de deux ans je n'avais plus de salaire et me suis retrouvé sans logement", témoigne le grand gaillard barbu. Pendant de longs mois, il a dormi sur les trottoirs de la Ville rose cherchant les coins reculés pour passer la nuit avant de pousser la porte de différentes associations dont le Secours catholique."On ne choisit pas de vivre dans la rue", martèle-t-il.

"Depuis trois ans j'ai retrouvé un toit. Je vis dans un appartement et j'ai suivi des formations. Désormais, je travaille dans le domaine de la sécurité", se félicite celui qui a milité au DAL (Droit au logement) et aux enfants de Don Quichotte. "Aujourd'hui je vis encore dans la précarité, le RSA me verse 450 euros par mois, mais ceux qui sont encore dans la rue et qui m'ont connu il y a quelques années se disent : lui s'en est sorti pourquoi pas moi ?" Une situation que le Secours catholique souhaiterait voir généralisée. Mais selon son président Alain Cerisola, "il faudrait arrêter de stigmatiser les pauvres et réformer le système de protection sociale".

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