Braquage du Ritz : pourquoi ne met-on pas de faux bijoux dans les vitrines des bijouteries ?

France
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TOC - Le braquage du Ritz survenu le mercredi 10 janvier relance le débat sur la sécurisation des bijouteries et joailleries de luxe. LCI a interrogé l’Union de la bijouterie-horlogerie pour savoir pourquoi les professionnels ne disposaient pas dans leurs vitrines de faux bijoux pour éviter de se faire dérober parfois des millions d'euros de marchandise.

Mercredi soir, plusieurs millions d’euros de bijoux ont été dérobés par cinq malfaiteurs au Ritz, le célèbre palace parisien. Encagoulés, les individus, armés de haches, se sont emparés des pièces exposées derrière des présentoirs à l’intérieur de l’hôtel. 


Cela pose une fois de plus la question de la sécurisation des vitrines des bijouteries. Pourquoi n’y sont, par exemple, pas exposés de faux bijoux ? LCI a interrogé Sandrine Marcot, présidente déléguée de l’Union de la bijouterie-horlogerie.  Selon elle, de faux bijoux sont déjà présents dans certaines vitrines. "Dans quelques bijouteries, on met des bijoux factices. Il y a d'ailleurs déjà eu des cas où des malfrats n’ont volé que de faux bijoux. Mais le rendu n’est forcément pas le même, c’est pourquoi cela est plutôt mis en place dans des bijouteries de province, moins haut de gamme que celles de la place Vendôme."

Les faux bijoux ne font pas assez "luxe" et sont trop... chers

Résultat : "Les grands noms de la bijouterie continuent de mettre de vrais bijoux dans leurs vitrines. Pour l'inverse, il faudrait que les faux atteignent un niveau de copie exceptionnel, notamment concernant les pierres précieuses" analyse Sandrine Marcot. "Or la fabrication de bijoux factices réussis coûterait extrêmement cher. Donc même en braquant de faux bijoux, les malfrats pourraient récolter gros.... Et objectivement, cette question n’est pas la préoccupation du métier aujourd’hui."


"Aujourd’hui, les bijoutiers préfèrent investir dans des vitrines incassables ou ultra sécurisées, qui permettent de temporiser l’attaque et de dépêcher rapidement sur place des équipes de police. Mais, dans le cas du Ritz, ces vitrines ont quand même pu être cassées avec des haches…." remarque-t-elle.

Elucider les braquages plutôt que sécuriser à tout prix

Pour autant, la recherche de la sécurité à tout prix n'est pas ce qui intéresse forcément les professionnels de la bijouterie. Selon Sandrine Marcot, le travail avec le gouvernement et les forces de l'ordre a été plus efficace dans la lutte contre la délinquance à leur égard. 


"Depuis la mise en place d’une cellule spécialisée au sein du ministère de l’Intérieur en 2013, le taux d’élucidation a fortement augmenté. Cela contribue aussi à la sécurisation des bijouteries puisque les braquages ont été divisés par dix. Les braqueurs n’ont plus aucun intérêt à voler ces bijoux, d'autant plus qu'ils sont invendables."

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